Gaël Perdriau démissionne de la présidence du CEREMA

Le maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, Gaël Perdriau a annoncé aujourd’hui, mercredi 4 octobre, lors d’un conseil d’administration du CEREMA (1), sa démission du poste de président de cet établissement public.
Elu en février 2015 en tant que représentant de l’Association des maires de France (AMF), Gaël Perdriau a indiqué ne pas vouloir être “le fossoyeur du CEREMA”

 

Et Gaël Perdriau d’expliquer :

 

Aujourd’hui, tout est remis en cause par la recherche quasi obsessionnelle, de la part du gouvernement, d’économies. Tout est réduit à une simple lecture comptable qui transforme les collectivités, les habitants, le CEREMA et ses agents en simples variables d’ajustement.

 

Même si je comprends la nécessité de tout à chacun de concourir à l’effort de redressement des comptes publics, j’affirme, avec force et vigueur, que ceci ne peut se faire au détriment de l’avenir de la France et des générations futures. Or le CEREMA a été voulu précisément pour être un outil et une ressource au service des collectivités pour les accompagner dans leurs projets de développement et ce, in fine, au service des habitants.

 

Pourtant l’expertise apportée aux collectivités est de plus en plus remise en cause par les décisions d’un Etat devenu sourd aux réalités locales.
Ainsi depuis deux ans, le CEREMA voit son budget régulièrement amputé et le nombre de ses agents réduit. Est-ce ainsi que l’Etat entend aider et soutenir les collectivités ?
Je rappelle que le 17 juillet dernier, lors de la conférence territoriale, le président de la République après avoir annoncé un plan d’économies pour les collectivités territoriales de 13 milliards d’euros, avait précisé dans le même temps qu’elles seraient mieux accompagnées notamment en matière d’ingénierie.
Après m’être rendu à deux reprises au ministère de la transition écologique et solidaire, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le président de la République à ce sujet.
 
Ce dernier m’avait alors donné l’assurance que tout serait fait pour garantir les capacités d’action du CEREMA.
Or, nous venons d’apprendre que le CEREMA verra ses crédits amputés de 5 millions d’euros en 2018, réductions budgétaires qui seront certainement reconduites en 2019 et 2020 voire même en 2021 et 2022.
Quant aux effectifs, il m’a été annoncé la suppression de 105 postes, tous les ans entre 2018 et 2020 et là aussi avec la probabilité que cela soit renouvelé en 2021 et 2022.
Devant une telle situation et un tel désengagement de l’Etat, après avoir accepté de voter, lors de ces deux dernières années, des budgets à la baisse afin de donner une chance au CEREMA de développer son activité, il est de mon devoir désormais d’en tirer toutes les conséquences.
Je ne serai pas le fossoyeur du CEREMA en cautionnant des choix stratégique et politique du gouvernement avec lesquels je suis en désaccord.
C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de président à compter de ce jour.
Pour ma part, je continuerai à plaider, chaque fois que j’en aurai l’occasion, en faveur de collectivités territoriales fortes accompagnées par des établissements tels que le CEREMA.
 
Je veux enfin remercier une nouvelle fois les agents du CEREMA pour leur implication, leur professionnalisme, leurs compétences. La principale force et la véritable richesse du CEREMA, c’est l’expertise et le sens élevé du service public de ses agents”.
(1). Créé le 1er janvier 2014, le CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité, et l’aménagement) est un établissement public à caractère administratif (EPA) avec une gouvernance partagée entre l’Etat et les collectivités territoriales. Il est un centre de ressources et d’expertises techniques et scientifiques qui intervient en appui aux services de l’Etat et aux collectivités locales dans les domaines du développement durable. Sa spécificité repose sur un ancrage territorial fort et sur sa capacité à faire le lien entre les administrations centrales, les services déconcentrés de l’Etat, les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs qui contribuent à la mise en œuvre des politiques publiques dans les champs de l’aménagement et du développement durable. Fort de son potentiel de recherche pluridisciplinaire, de son expertise technique et de son savoir-faire transversal, il intervient notamment dans les domaines de l’aménagement, de l’habitat, de la ville et des bâtiments durables, des transports et de leurs infrastructures, de la mobilité, de la sécurité routière, de l’environnement, de la prévention des risques, de la mer, de l’énergie et du climat.
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Auteur de l’article : Gilles Charles

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