Qui se souvient de la tour Plein Ciel de Montreynaud ?

Elle tenait une place prépondérante dans le paysage stéphanois, emblématique de l’image des grands ensembles, cette tour édifiée en 1972 a été démolie en 2011. Un peu comme une boussole son absence est un manque dans le paysage stéphanois d’aujourd’hui, un peu comme les années M’Radio qui y était installé.

Tout au long de ses quarante ans d’histoire, l’édifice est en effet perçu comme symbole de modernité, emblème de grand ensemble en difficulté et monument dans le paysage stéphanois. Parfois stigmatisée, parfois valorisée, la tour Plein-Ciel (de l’architecte Raymond Martin), avec sa verticalité (18 niveaux), le château d’eau qui la coiffait répondait avant tout à sa construction à une demande de logements.

Mais comment la tour Plein-Ciel a-t-elle pu passer de symbole de modernité dans les années 70 à  l’emblème d’un désastre urbain et condamné à la démolition ? Tout d’abord dans les années 1980 et 1990, la population de Montreynaud se paupérise (départ des plus aisés vers la propriété, montée du chômage), mais aussi parce qu’une partie des équipements de la ZUP et la moitié seulement des logements sont réalisés, du fait de prévisions démographiques non atteintes. Montreynaud acquiert l’image d’un quartier dangereux. Entre les réhabilitations puis les rénovations, la tour devient le symptôme visible de cette dégradation. Des rumeurs se diffusent dès les années 1970 sur sa stabilité et l’isolation du château d’eau. Dix ans après sa livraison, seuls 50 des 90 appartements sont vendus.

En 2002. Une étude indique que la démolition « aurait un impact positif sur la requalification du parc de logements du quartier et permettrait également de promouvoir un changement d’image du site, le dernier habitant est relogé fin 2008.

Monument connu de tous les Stéphanois, la tour a les honneurs d’une carte postale en 1987 La municipalité soumet en 2010 au vote des habitants de Montreynaud deux possibilités : développer la valeur et la fonction de repère de la tour en la transformant en symbole artistique de la ville de Saint-Étienne  via l’intervention d’un plasticien, ou bien la démolir et aménager un parc : 71 % des votants se prononcent pour la démolition, soit 230 personnes sur les 318 votants. Les défenseurs de la conservation expriment un double regret : l’ouverture du vote aux seuls habitants de Montreynaud, et la très faible mobilisation de ces derniers.

La démolition de la tour a lieu le 24 novembre 2011. Son foudroyage la met une dernière fois sous les projecteurs des nombreux appareils audiovisuels présents. Les images produites s’ajoutent à celles existantes, et constituent autant de traces d’un immeuble dont il n’en reste plus aucune sur le terrain.

Source : http://www.metropolitiques.eu/Les-representations-complexes-des.html

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Auteur de l’article : lestephanoisC

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