Rendez-vous avec Cécile GIROUD

Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de rencontrer une championne du monde, alors quand en plus elle est jolie et très sympa…Cécile Giroud est une humoriste, auteur, comédienne, chanteuse et pianiste française d’origine Lyonnaise. Dès l’âge de 4 ans cette passionnée de musique, commence à pratiquer cet art. En 1998, elle fait ses débuts de comédienne au café-théâtre « Le Nombril du monde » à Lyon.Cécile y rencontre deux autres apprenties comédiennes, Céline Iannucci et Florence Foresti, avec qui elle créée le trio « Les Taupes Models« . Elles commencent à écrire leurs propres textes. Très rapidement, le succès est au rendez-vous. En 2003, quand Florence Foresti décide d’entamer une carrière solo, c’est la fin des Taupes Models. Cécile se consacre alors à l’improvisation et joue quelques pièces avec d’autres compagnies de théâtres dites « engagées ».

En 2001, elle devient co-directrice de la Ligue d’Improvisation Lyonnaise, puis remporte les championnats du monde d’Impro, Juste pour Rire de Montréal en 2006 et 2007. Sur scène, Cécile sait tout faire, elle joue du piano, elle chante, elle improvise et surtout, elle fait rire. Cette jolie blonde au sourire radieux se distingue par sa folie, son style acerbe et sa joie de vivre. De passage ce jeudi soir au KFT j’ai donc saisie l’opportunité de lui poser quelques questions sans aucune improvisation.

Comment est née votre envie de monter sur scène ? Je crois que cela a été de faire des spectacles, et le clown quand j’étais petite. Je pense que tous les gamins ont vécus cela devant leurs parents. Moi les premières fois ou je suis montée sur scène c’était en faite quand j’ai fait le conservatoire de piano, et comme régulièrement je passais des concours, c’était donc sur scène, et même si j’avais très peur, c’était une sensation que j’aimais bien. Et d’ailleurs je faisait un peu le clown, ce qui m’a valut de rater pas mal de concours de piano. Enfin je préfère m’amuser avec mes copines, que de travailler.

Championne du Monde d’improvisation, c’est un titre dont on est fière ou simplement honorifique ? Non, je suis fière parce que l’on a vécus en Mars dernier, un super moment avec l’équipe de France, c’était magique, la finale était à l’Olympia. C’est un moment exceptionnel, même si l’Olympia, tout le monde peut y jouer, c’est une salle marchande, c’est quand même une salle mythique. On se dit qu’il y a un paquet qui est y passé, et qu’il faut que l’on soit un minimum intéressante. « Cela ouvre des portes d’être championne du monde » ? cela permet après de faire une tournée avec l’équipe de France, dans toute la France, ou ils font venir toute l’équipe qui a gagné le championnat de monde, les Suisses aussi, les Belges, peuvent nous faire venir, donc cela c’est bien. Après c’est plus quelque chose que l’on rajoute sur son CV, cela n’a pas un énorme poids. Et puis le théâtre n’est pas une discipline ou l’on s’attend à voir des championnats, moi je suis assez contente, moi je suis fière. C’est de mélanger deux disciplines qui à priori n’ont pas grand chose en commun, et j’aime cela.

Quels sont les sujets qui vous inspirent ? En impro ? pour tout …En impro nous avons cette obligation de dire oui à tous les sujets, c’est à dire qu’à partir du moment ou l’on nous donne quelque chose, il faut que l’on en fasse quelque chose. Pour l’impro il faut de la culture générale, il faut de l’acuité mentale, c’est à dire être actif, une assez bonne forme physique pour pouvoir justement illustrer, par notre seul matériel qui est notre corps, l’histoire que l’on prétend raconter. Donc, oui cela demande de se tenir assez au courant, de lire, de voir, d’être curieux. C’est une belle qualité la curiosité, ce soir nous jouons un spectacle d’improvisation théâtrale avec Selena Hernandez et Yohann Metay, à partir des thèmes du public, on part en impro. Il n’y a rien d’écrit, les gens vont écrirent un thème sur leur papier, et à partir de cela on peut partir en impro, il se peut aussi des fois que les gens ne donnent pas un thème, mais que l’on entendent juste un bruit dans la salle, une réaction de quelqu’un et l’on part, comme un « prout » par exemple…Ce qui vous donne à peu près le niveau de la soirée, il suffit que l’on aient une réaction du public pour que cela nous suggère quelque chose. Mais nous devons faire feu de tout bois au niveau de l’inspiration, c’est jouer, c’est vraiment retrouver une âme d’enfant. C’est « tiens on dirait qu’on est ça et qu’on ferait ça… » il y a un coté très ludique, c’est un jeu. D’ailleurs on dit jouer la comédie.

De passage à Saint-Galmier, donc région stéphanoise, c’est pas trop dur pour une Lyonnaise ? Non, j’adore Saint-Galmier, alors oui je taquine toujours un peu les gens, parce que c’est le jeu, et puis parce que c’est aussi en taquinant que l’on désamorce. Je suis toujours épatée que des gens arrivent à vivre à Saint-Etienne…non, je rigole. HUMOUR. Non j’aime beaucoup Saint-Etienne, je me sens au niveau de mes origines et de mes penchants, mes convictions, peut-être plus proche, d’un milieu dont l’histoire c’est passé dans les mines, une culture ouvrière, populaire que d’une culture bourgeoise comme ont peut l’avoir à Lyon. Ce n’est pas une caricature que de dire que la soierie Lyonnaise a amenée beaucoup de confort à certaines personnes au détriment d’autres. Les canuts c’étaient des ouvriers, mais ce n’est pas eux qui surfaient et habitaient le long des bords de Saône, donc finalement je crois que c’est marquant dans l’histoire d’une ville, comment se sont construites les fortunes de la ville. Si à Saint-Etienne, il y a des gens qui ont travaillés à la mine, cela imprime une certaine solidarité, ce n’est pas sans conséquence sur les générations à venir. Et puis c’est une fierté, car je trouve que maintenant des villes industrielles, ou des gens ont un vrai savoir faire, il n’y en a plus beaucoup, de moins en moins. Nous allons de plus en plus vers le service.

Pour finir, avez vous un rêve fou ? un rêve fou !!! c’est marrant mais mon rêve fou serait d’arriver à amener sur le devant de la scène des amis que je connait, qui ont un talent fou et que personne ne voit parce qu’ils ne sont pas assez diffusés. Parce qu’ils ne sont pas assez mis en lumière, parce que cela devient difficile dans ce métier artistique, comme on dit, de percer, que par son talent …malheureusement il faut faire beaucoup de com, faut avoir des concepts, le talent est plus le seul…« du réseau ? » donc le talent est plus le seul critère et je trouve cela dommage. « il faut coucher aussi, non ? » ouai alors la c’est foutu, moi je vais passer ma vie dans une cave. Je ne couche jamais…Mon rêve fou se serait de porter cela, j’aimerai bien aussi être à l’Olympia avec une création complète. Mon rêve fou en fait serait de me dire, voila on veut porter un message sur scène et cela a un impact sur les gens, cela les amènent à réfléchir et à se dire, oui quand j’ai vu le spectacle, cela m’a amenè à me poser des questions. A changer de façon de faire, cela oui, c’est un rêve fou. Se sentir un tout petit peu, utile à quelque chose.

Rencontre du 21 Mai 2015

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Auteur de l’article : lestephanoisC

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