Rendez vous avec Najet Vallaud-Belkacem – Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

A quelques heures d’une élection aux primaires de la gauche. Najet Vallaud-Belkacem, la ministre de l’éducation était ce vendredi à Firminy, elle avait répondue à l’invitation de l’adjointe socialiste à la culture de la ville et candidate déclarée dans la 4éme circonscription pour les prochaines élections legislatives de juin prochain, Mme Laurence Juban.

Toutes les deux partages les mêmes valeurs et soutiennent M. Manuel Valls pour ces primaires, si Mme Juban va mener le combat législatif pour devenir député, toutes les batailles n’étant jamais perdues d’avance, elle espère bien faire basculer ce canton à gauche. C’est pour cette raison que Mme la Ministre, première femme à détenir le portefeuille de ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (à partir d’août 2014, dans le gouvernement Valls II) était en terre Appelouse en ce mois de janvier.

L’occasion de la rencontrer et lui poser quelques questions :

Qu’est ce qui vous a donné envie de vous engager en politique ?
Ecoutez, je pense que c’était en moi depuis longtemps, lié à une forme de révolte contre les injustices sociales, économiques, le dysfonctionnement de la société. Ensuite il y a eu un déclic, le 21 Avril 2002, quand à l’élection présidentielle à donnée au premier tour, Jacques Chirac – Jean-Marie Le Pen, et pas la gauche. C’est à ce moment là, que je me suis décidée à m’inscrire au Parti Socialiste et devenir militante et me battre.

Aujourd’hui on dit beaucoup, qu’il n’y a plus de gauche, plus de droite, pour vous c’est quoi le Socialisme en 2017 ?

Le socialisme c’est précisément quelque chose qui considère qu’il y a bien une droite et une gauche, c’est à dire qu’il y a bien un parti à prendre, une partie de ses voix que l’on entend pas. Le parti de ces gens qui ne sont pas défendus, spontanément, naturellement, des ces gens qui galèrent, ces gens qui se passent de générations en générations la pauvreté, la désespérance. Le socialisme c’est précisément lutter contre le fatalisme, c’est aider ces gens là. Bien sur il y a un moment ou il faut gérer les affaires courantes et il faut bien sur gouverner un pays tout entier. Mais même en gouvernent un pays tout entier, lorsque l’on est socialiste dans l’âme, on a inscrit en soi la priorité qui est de donner plus à ceux qui ont moins, donc aider davantage ceux qui sont restés au bord du chemin. Sans que cela soit contradictoire avec l’intérêt des autres, puisque les autres doivent aussi comprendre quand ils sont plus aisés, que ce n’est pas dans une société de ghettoïsation, de ségrégation sociale, que l’on s’épanouit. Que c’est au contraire, dans une société qui va vers plus d’égalités, d’égalité des droits, d’égalité des opportunités, d’égalité de réussites, que tous les enfants trouvent aussi leurs chemins.

 

On est presque à l’heure des bilans, de vos mandats de Ministres, y a t’il des choses dont vous êtes plus fière, ou des choses que vous estimez avoir ratés ?

Je pense que s’il faut refaire tout le mandat, j’aurai bien aimée, pouvoir continuer un peu plus longtemps au droit des femmes. Parce qu’il y avait encore de beaux combats à mener, j’en ai conduit quand même beaucoup, mais encore d’autres combats à mener. Notamment sur la question des inégalités salariales, ou je pense qu’il aurait fallut aller plus loin, par exemple quand j’y étais, j’ai fait en sorte que les sanctions puissent tomber sur les entreprises qui ne respectent pas l’égalité professionnelle, sanctions financières. Sans doute aurait il fallut aller en peu plus loin, et je l’aurai fait si j’étais restée, en rendant publique le nom de ces entreprises. Pour jouer aussi sur cela, sur la notoriété. C’est mon premier petit regret.

Mon deuxième petit regret c’est pas tant liè à mon action, mais c’est qu’au Ministère de l’éducation, le vrai regret au fond, c’est ce que retiennent les gens, parce que c’est ce dont on a parler le plus, ce sont généralement des choses anecdotiques. L’écume des choses, c’est très rarement la réalité, le fond, ce que l’on a transformés en profondeur, donc je n’ai pas de regret sur les actions menées, mais sur la façon dont les gens les ont entendus et comprises, Oui clairement.

Et comme je ne peux pas me contenter de rejeter la faute sur les autres, les médias, sur ceux qui ne donnent pas assez a voir ce que l’on fait, je me dis aussi que c’est partiellement de notre faute.Que l’on est pas suffisamment su bien communiquer et d’ailleurs c’est une des problématique de ce quinquennat tout entier…

Sur ce que l’on faisaient, pourquoi on le faisaient et ce que cela a amener à terme.

Le problème de l’éducation c’est que c’est très compliqué de donner a voir des résultats, puisque c’est un temps long l’éducation. L’éducation il faut 10 ans, pour que les réformes que l’on a adoptées pendant ce quinquennat produisent véritablement leurs effets sur les élèves qui auront fait toute leur scolarité.

Donc c’est très compliqué de dire, vous voyez les faits détrompent toutes vos attaques et toutes vos suppositions. Puisque de fait nous sommes bien entrain de réussir, et moi je sais que nous sommes entrain de réussir, que toutes nos réformes conduisent vers la réussite.

Sincèrement que ce soit l’école primaire, que ce soit au collège. Mais pour que les gens le voit il faut attendre plusieurs années et il ne faut pas que cela soit détricoté par d’autres, c’est toute la difficulté.

LJ et NVBA l’heure des réseaux sociaux et des fausses informations, comment vis t’on toutes les critiques, car vous êtes une ministre très attaquée sur ces réseaux ?

Moi ,j’arrive à faire la part des choses, ce n’est pas la personne humaine qui est attaquée..c’est la fonction, la personne publique. C’est parfois limite, bien sur, parfois cela pourrait finir devant les tribunaux, et c’est vraiment parce que je n’ai pas envie de perdre du temps avec cela, que je ne les entrainent pas en justice. Mais j’essaye de me protéger en me disant qu’au fond c’est l’institution et la personne publique qui est ciblée.

Je trouve de manière générale que la parole c’est trop libérè, devenue trop agressive, trop violente, trop irrespectueuse, partout, tout le temps, sur les réseaux sociaux, mais pas seulement. Il faut que l’on renoue avec une forme de civilité qui a disparue, je pense que cette libération et cette agressivité permanente de la parole, participe beaucoup à l’état de névrose permanente de notre pays. On est déprimés tout le temps, pas seulement parce qu’il y a le chômage, pas seulement parce qu’il y a la crise, mais aussi parce qu’il y a cette ambiance, ce climat, cette atmosphère. Et donc il faut que l’on revienne à une forme de civilité en tout cas, moi comme ministre de l’éducation, j’ai fait vraiment en sorte que dans les écoles, on parle beaucoup plus de ces questions de civilité, de citoyenneté, y compris sur le web, que l’on apprennent aux enfants à ne pas écrirent n’importe quoi.

Ne pas croire en n’importe quoi non plus, donc je crois que ce sera un progrès qui aura été fait, avec l’enseignement moral et civique.

Pour ce qui est des adultes, à un moment donné aussi, il y a une responsabilité des médias, des grands groupes d’internet, il faut que chacun prenne la sienne.

Pour finir si Manuel Valls dimanche soir n’est pas au second tour, que faites vous ? Ecoutez il sera toujours temps d’aviser, mais je pense qu’il sera au second tour….(optimiste alors ?) oui bien sur.
photos Eric Manceau – Firminy vendredi 20 Janvier 2017
L’intégral sera diffusé sur LOIRE FM 100.9  et sera ensuite sur youtube et sur la page Facebook, pour écouter l’émission sur Loire FM 100.9 dans le monde entier voici le lien http://tunein.com/radio/Loire-FM-1009-s6578/..
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Auteur de l’article : lestephanoisC

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