Rendez-vous avec Corinne Lepage

Je me souviens au début de ma deuxième décennies, lorsque j’avais de longues discussions politiques avec mon grand-père, j’étais loin d’imaginer qu’arrivé presque à son âge, je rencontrerais et dialoguerais avec des anciens ministres.(Et oui pour les ministres en activités, je vous rappel que je ne suis toujours pas légitime…)

Avocate mais surtout connue pour son passage au gouvernement d’Alain Juppé, comme ministre de l’environnement entre 1995 et 1997, j’ai rencontrée Mme Corinne Lepage, lors des assises chrétiennes de l’écologie. Fondatrice et présidente du parti écologiste Cap21 depuis 1996, née à Boulogne-Billancourt, déjà candidate écologiste en 1981 à l’élection présidentielle, elle est élue en juin 2009 députée européenne sous la bannière du Modem jusqu’en mai 2014, c’est une femme brillante, disponible et engagée. Extraits de cette rencontre du 29 Aout 2015.

Comment est né votre engagement politique ? Il n’est pas né par la politique mais par le fond des sujets. Il est né parce que j’avais des convictions, qui me sont venues de ma vie professionnelle d’abord d’avocate puis de ma thèse de doctorat d’état. Et ensuite tout naturellement cela m’a conduit dans la politique.

lepage 2982015Est-ce qu’aujourd’hui, fin 2015, l’écologie ne devrait pas être « apolitique » ni de droite ni de gauche, mais simplement « de bon sens » ? Apolitique surement pas, puisque par définition l’écologie est politique. Si vous voulez dire qu’elle est au delà, de la droite, de la gauche, je suis d’accord avec vous. Moi j’ai souvent tendance à dire que l’écologie politique n’est pas à droite, ni à gauche, qu’elle est devant, oui car en réalité les solutions que nous proposons sont des solutions qui sont parfois des synthèses. Ce sont parfois des mesures prises aux uns, parfois des mesures prises aux autres, et souvent des mesures prises à personnes, parce qu’il n’y a que nous qui les proposons. Je ne pense pas du tout qu’il faille considérer que l’écologie est obligatoirement une dérive gauchiste ou trotskyste, ou ce que vous voudrez. Ceci étant quand vous êtes avant tout les défenseurs des multinationales, vous ne pouvez pas non plus défendre l’écologie. Je crois que l’écologie devrait être partager par l’immense majorité des Français et des autres d’ailleurs, des terriens, qui sont soucieux de vivres en femmes et hommes dignes, responsables, soucieux d’avoir une vie bonne et juste.

J’ai l’impression aujourd’hui que l’écologie est un label pour faire vendre, un prétexte marketing ? Je ne dirais pas cela, mais c’est vrai qu’il y a une instrumentalisation politicienne qui est très regrettable, avec des batailles d’égaux qui finissent par rendre totalement illisible le sujet. Et puis aussi des querelles assez idéologique, en fait je dirais qu’il y a deux approches de l’écologie, il y a ceux qui considèrent parce qu’ils ont avant tout dans une vision révolutionnaire de la société, que l’écologie est un excellent moyen de parvenir à cette fin là. Et il y a ceux qui considèrent, que l’on appel les environnementalistes, que le défi écologique est le sujet central, et que c’est à partir de là, qu’il faut remettre en perspective l’économie, l’organisation de la société et l’organisation de la gouvernance, etc…je fais partie de ceux la.

lepage Serez vous candidate en 2017, à la présidence ? J’ai dit l’autre jour dans l’émission « C dans l’air », que j’étais favorable à des primaires de la société civile, moi je crois qu’il faut sortir des partis politiques conventionnels. Il faut que les Français puissent avoir des débats, qu’ils ont entre eux, que les politiques non pas. Parce qu’ils s’en foutent généralement, sur des projets qui sont probablement plus pragmatiques, beaucoup plus issus du terrain, avec des visions différentes, parce que tout le monde n’est pas d’accord. Avec des propositions en termes de gouvernance et d’organisation des pouvoirs publics, qui seront très probablement dé-frisantes par rapport à ce que les autres proposerons, qu’ils soient de droite ou de gauche. Tout simplement parce que nous sommes dans un système de partis politiques en coma dépassé. Cela ne veut pas dire que je veux être candidate, mais je voudrais aider une démarche de cet ordre la. Apporter une autre manière de se comporter et de décider, avec d’autres priorités.

Pour terminer, quel est votre meilleur souvenirs de Ministre ? Je crois que c’est quand j’ai obtenue du président de la République, le moratoire sur les OGM à la table du conseil des ministres.

rencontre du 29 Aout 2015

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lestephanoisC Auteur

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