Rendez-vous avec Marie-George BUFFET

Invitée par l’association « les amis de l’humanité », Marie-George Buffet, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement Jospin (1997-2002), était ce jeudi à Saint-Etienne pour un débat autour du sport et du dopage. L’occasion pour moi d’aller parler sport mais aussi politique, avec une femme de conviction et toujours très engagée.

Députée dans la 4e circonscription de la Seine-Saint-Denis aujourd’hui, membre du Parti communiste français à partir de 1969, secrétaire nationale du Parti communiste français de 2001 à 2010 et candidate à l’élection présidentielle de 2007. Tout le monde reconnait qu’elle a été une très bonne ministre du sport, même si en dialoguant on se rencontre qu’un ministre fait et que son successeur défait…Elle se bat encore pour un sport populaire, juste et le vivre ensemble.

Comment est né votre engagement politique ? A la base il y a plusieurs choses, moi je venais d’une famille ou mon père avait fait faillite, c’était un garagiste. Il était parti et donc nous étions 7 enfants, moi j’ai connue les coupures d’électricité, les coupures de gaz chez moi, donc la notion d’injustice sociale, c’était très fort. Ensuite en terminale, il y a eu mai 68, j’ai mise ma classe en grève, et puis c’était aussi la guerre au Vietnam. Ces 3 choses ont fait que je me suis sentie proche des gauchiste à l’époque, je ne connaissais aucun communiste dans ma famille, donc j’ai écris, pour adhérer au parti début 1969.

N’est ce pas trop frustrant de devoir abandonner son poste de ministre des sports en plein combat ? Oui du jour au lendemain, vous prenez vos affaires et vous quittez le ministère. Mais c’est la règle démocratique, bien sur, sur le coup vous avez l’impression de laisser vos dossiers en plan quelque part. Mon successeur était M. Lamour qui avait une conception olympique du sport, il avait une certaine vision du sport. Après cela a été plus délicat….
Je continue de m’y intéresser parce que je suis membre de la commission sportive à l’assemblée nationale, et puis parce que souvent on me donne des questions sur le sport.
C’est pour cela que j’explique souvent lorsque je fais des débats ou des interventions dans les lycées, parce qu’ils ont une vision souvent les jeunes de la vie politique, comme une carrière, un métier, non ce n’est pas un métier ni une carrière, vous pouvez vous faire déboulonner très vite à une élection.

Marie-George Buffet

Marie-George Buffet

C’est souvent les ex-pays communistes qui ont trichés avec le sport, en tant que communiste vous êtes gênée par ces manipulations ? C’était justement le problème, cela ne me gêne pas du tout, c’est pour cela que tout s’est écroulé, tous ces pays du socialisme réel se sont écroulés, c’est des régimes Étatiques, c’est le fait que c’était devenu des régimes Étatiques. L’État voulait tout régler et y compris les performances sportives, a travers en effet, un dopage d’état. Qui depuis a été analysé par beaucoup de journalistes, c’était à l’image des sociétés qui s’étaient formées dans ces pays du socialisme réel. C’est pour cette raison que le jour ou cela s’est fragilisé, c’est tombé d’un seul coup. Quand les régimes ne sont plus démocratiques vous avez toutes ces dérives qui peuvent exister comme le dopage.
C’est justement pour cela que nous ne voulons pas aller vers ces régimes socialistes tels qu’ils ont été bâtis pendant toute une époque.

Vous pensez qu’il peut y avoir une autre forme de communisme ? Bien évidement, heureusement, sinon je rendrais ma carte. C’est un problème général, aujourd’hui depuis dix ans, les responsables politiques expliquent aux gens, qu’ils ne peuvent rien faire.
Ils expliquent qu’il y a les contraintes, aujourd’hui le mot le plus employé à l’assemblée nationale, quand vous rencontrez n’importe quel ministre, c’est de dire « ce budget doit contribuer à l’effort général pour diminuer les dépenses publiques »…
Donc vous avez un discours politique général, qui est de dire : excusez nous on ne peu rien faire. Et après on s’étonne que 70 % des gens disent qu’ils n’ont pas envie d’écouter le président à la TV. Moi je me suis engagée en politique, sinon j’aurai pu faire d’autres choses, moi je voulais être professeur d’histoire-géographie, si on fait de la politique c’est pour changer, c’est parce que l’on a une certaine idée de la société, des rapports entre les individus. Le combat communiste aujourd’hui est un combat qui porte ses valeurs de gauche, c’est à dire de la mise en commun, que chacun participe pour que tout le monde voit ses droits effectifs, je suis en colère quand on parle d’optimisation fiscale. Ce n’est pas de l’optimisation fiscale, c’est du VOL, ils volent l’État français. Ils volent la république française, parce que la république française c’est que chacun paye selon ses moyens, pour que tout le monde est les mêmes droits. Et on peut aussi gagner de nouveaux droits, c’est cela le combat communiste, c’est se dire au lieu de nous faire « suer » avec la remise en cause des 35 H, alors que les grands patrons vous disent qu’il faut aller vite aux 32 H, parce qu’avec les progrès de la compétitivité…Mais ils nous font des discours à la « Gattaz ». On peut aller encore vers plus de progrès sociaux, c’est pour cette raison que nous avions créé cette dynamique du front de gauche, pour rassembler toutes celles et tous ceux qui pensaient encore que la gauche signifiait quelque chose…
Quand vous avez des discours comme on les entends aujourd’hui, je comprend que les individus se disent mais si c’est cela la politique, il faut aller place de la république et tout refaire le monde.

Vous êtes à Saint-Etienne aujourd’hui, que représente Saint-Etienne pour vous ? Il n’y a pas que le football, les « manus » ont partaient en cars pour venir les soutenir de la région parisienne. Saint-Etienne c’était la ville ouvrière, c’était une ville combative, qui allait bien avec son club d’ailleurs, c’était une osmose entre un sport populaire et cette ville ouvrière.

Pour finir avec Saint-Etienne, votre imaginaire en vert ? Oui, c’est une équipe dont on est fière, il y a des équipes emblématiques, c’est pas pour dire du mal des autres, mais l’OM ou encore Lens ce sont des équipes emblématique, ce sont des clubs qui ont été fusionnels avec le monde ouvrier. Moi je faisait du basket à l’université…

Rencontre du Jeudi 14 Avril 2016

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lestephanoisC Auteur

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