Rendez-vous avec Michel Thiollière Ancien Maire de Saint-Etienne

Retour de la politique dans ce dernier mois de la Saison 1 de “Rendez-vous avec” puisque cette semaine c’est l’ancien maire de Saint-Etienne Michel Thiollière qui était l’invité de notre rendez vous de la fin de semaine, ce rendez vous qui devient incontournable dans le monde stéphanois et dans le monde internet. Cette nouvelle émission sera diffusée  jeudi 16 juin à 18 h et rediffusée le vendredi à 11 h elle sera ensuite sur youtube, pour ecouter l’emission sur Loire FM 100.9 dans le monde entier voici le lien http://tunein.com/radio/Loire-FM-1009-s6578/..

J’avais déjà rencontré M. Thiollière le 23 Mai 2015 pour le site “Le stéphanois à la Casquette” extraits :

Michel Thiollière est devenu Maire de Saint-Etienne en 1994. J’étais loin d’imaginer que 21 ans plus tard, je serais en discussion avec lui devant un café. Nous sommes revenus sur ces années, pour parler en « off » et en toute sympathie de notre ville qui nous tient à cœur tous les deux. Licencié en lettres et titulaire d’une maîtrise d’études américaines et d’un CAPES d’anglais, Michel Thiollière a exercé comme enseignant d’anglais de 1977 à 1994 au lycée Honoré-d’Urfé de Saint-Étienne. Michel Thiollière restera 14 ans le maire de Saint-Etienne, il avait succédé à François Dubanchet, démissionnaire. Il est aujourd’hui président du Parti Radical de la Loire, ancien sénateur, il vient se sortir un ouvrage : 1666, les âmes en feu. C’est donc en citoyen passionné de politique que je lui ai posé mes questions…

Comment est né votre engagement politique ? Très tôt, quand j’avais 15-16 ans, un de mes oncles que j’appréciais beaucoup, commerçant et conseiller municipal, faisait de l’animation autour de la place Jean Jaurès et j’aimais venir voir ce qu’il faisait. C’était l’époque du carnaval et ou Henry’s, son ami, se produisait sur cette place. Mon grand-père, ingénieur dans les services de la ville, me parlait souvent de son métier… Tout cela a dû jouer ! Et mes parents s’intéressaient aussi beaucoup à la vie politique. À cette époque, je ne pensais pas en faire un engagement mais après avoir lu le manifeste radical de Jean Jacques Servan-Schreiber, j’ai adhéré au Parti Radical. J’avais une vingtaine d’années. On peut le dire : pour l’époque, le manifeste radical était progressiste, réformiste, ce n’était ni la droite classique, ni la gauche qui s’était alliée avec le Parti Communiste, donc cela me convenait bien.

Ancien Maire, comment avez-vous vécu la campagne des élections municipales l’an dernier ? L’an dernier, j’étais satisfait de constater qu’il y avait un débat. Je reconnais que j’étais assez sévère sur la politique conduite par Maurice Vincent parce que je trouvais qu’il n’avait pas vraiment servi la ville par un discours négatif et qu’il n’avait pas engagé de politiques fortes pour Saint-Étienne. Alors qu’il aurait pu continuer dans la logique de ce que l’on avait prévu à l’époque, pour dynamiser la ville et lui donner du ressort. Gaël Perdriau, qui a été à mes cotés pendant longtemps, me paraissait être, justement, un jeune qui avait des idées, de l’ambition pour notre ville. Je trouvais donc que c’était une occasion à ne pas manquer pour la ville. J’ai été très satisfait du résultat car je pensais que Gaël Perdriau pouvait apporter du sang neuf à la ville.

Justement ce n’est pas trop frustrant de voir vos successeurs inaugurer des projets que vous avez initiés ? C’est la règle du jeu ! Les projets que l’on engage ne sont jamais tous achevés dans le mandat. C’est donc normal qu’ils soient éventuellement inaugurés par les successeurs. Ce qui me réjouit aujourd’hui, au contraire, c’est de voir que tous les projets que j’ai engagés, même quand il y a eu beaucoup de polémiques, beaucoup de critiques – et dieu sait qu’il y en a eu – sont aujourd’hui appréciés par le plus grand nombre, que ce soit le tramway, la Cité du Design, le Zénith, les aménagements urbains en centre-ville. J’ai aujourd’hui l’impression que les gens sont contents de tout cela. Ils me le disent quand je les vois, donc je pense que c’est vrai.

Visiblement en privé, la droite stéphanoise est divisée, il y a des rancœurs, des ambitions personnelles et vous même n’êtes, même pas invité sur certaines inaugurations ? Moi, par nature, je suis très rassembleur, je n’ai jamais aimé les conflits. J’ai donc toujours essayé de rassembler les gens, même ceux qui ne pensent pas comme moi, pour réussir des projets à Saint-Étienne et dans la vie politique locale. C’est vrai que je suis toujours désolé de voir que certains cultivent plus leurs ambitions personnelles, et pensent moins aux projets globaux. Donc effectivement les radicaux, le Parti Radical, a été écarté de certaines élections. J’en ai été chagriné, pas pour moi, puisque je n’étais candidat à rien, mais pour mes amis qui ne méritaient pas cette forme d’humiliation. Comme nous avons été écartés de l’Union malgré
notre main tendue, nous avons voulus montrer que le Parti Radical existe et est un des partis importants de l’UDI. Et il joue parfaitement le jeu au sein de l’UDI.

Vous savez, le 11 janvier dernier, les Français sont descendus dans la rue pour revendiquer la liberté et défendre le droit d’expression. Il serait donc dommage que l’on nous interdise de nous exprimer alors qu’au contraire tous les Français souhaitent avoir le choix et la liberté de s’exprimer. Nous avons donc voulu nous exprimer et nous avons joué notre partition, qui est une partition dans l’union, mais nous n’avons pas envie de nous réduire au plus petit parti dénominateur commun.

 

J’ai notamment entendu que vous aviez fait perdre M. Kéfi-Jerôme ? C’est une appréciation qui n’est pas fondée, parce que l’on n’oblige pas les électeurs à voter dans un sens ou dans un autre. Certains ont tort de penser qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour que les électeurs aillent d’un côté ou de l’autre. Ceux qui ont voté pour Katia Richaud et Mikael Petit sont des gens libres, donc s’ils ont voté pour eux c’est qu’ils n’avaient pas envie de voter pour les autres, tout simplement ! Et au deuxième tour ils ont continué à voter pour qui ils avaient envie de voter ou ils se sont abstenus. C’est un peu simpliste d’imaginer que l’on fait voter les gens en appuyant sur un bouton. Les gens sont matures, ils réfléchissent et s’ils avaient eu envie de voter davantage pour M. Kéfi-Jérôme, ils l’auraient fait dès le premier tour.

Serez vous candidat aux élections régionales en décembre prochain ? Non. J’ai décidé depuis quelques temps déjà de ne pas être candidat. J’ai eu beaucoup de chance en politique. J’ai eu la chance de diriger notre ville pendant 14 ans, ce qui est long. Ce qui m’a permis de faire beaucoup de choses auxquelles je tenais pour Saint-Étienne. Je crois qu’aujourd’hui les Stéphanois ont plutôt un bon souvenir de cette période, parce que c’était une période d’enthousiasme et de dynamisme pour la ville, avec des projets forts, parfois difficiles à conduire. C’est vrai que cela n’a pas toujours été facile de convaincre tout le monde. Mais comme j’ai eu cette chance pendant 14 ans, en tant que Maire, et plus quand j’étais encore adjoint en charge de l’urbanisme à l’époque de François Dubanchet, je pense que maintenant c’est la place à d’autres. Des plus jeunes notamment. J’essaie d’encourager les plus jeunes, et ce n’est pas facile de les motiver pour la vie politique, parce que c’est dur, que cela n’a pas toujours une bonne image. Et pourtant, en démocratie, il faut des gens qui s’engagent, des gens qui soient bénévoles. Et puis un jour, comme moi j’ai pu le faire, je me suis engagé, j’ai travaillé dans l’ombre. Et un jour on m’a dit, ce serait bien que tu sois candidat. J’ai donc été candidat, et j’ai eu la chance d’être élu. C’est cela la vie démocratique. Maintenant je suis redevenu un citoyen comme les autres, avec peut-être le regard sur la ville de quelqu’un qui a été maire. Je connais les affaires, je sais comment la ville fonctionne, je crois bien connaitre les Stéphanois, mais j’ai maintenant envie de mettre le pied à l’étrier à d’autres qui ont envie de s’engager, comme on a pu le faire avec moi, quand j’étais plus jeune.

Pour finir cette conversation, avez-vous un rêve fou pour Saint-Etienne, et plus généralement pour la future région Rhône-Alpes-Auvergne ? Pour Saint-Étienne, c’est un rêve mais un rêve raisonné, c’est que cette ville joue enfin dans la cour des grands. Qu’elle puisse, en termes d’économie, en termes d’existence dans la grande région Auvergne/Rhône-Alpes, tenir toute sa place. Il y a un risque dans cette grande région, c’est que Clermont-Ferrand d’un côté, et Lyon de l’autre, tirent le meilleur bénéfice de cette grande région et que Saint-Étienne soit oubliée au milieu. Il y a aussi une chance, et c’est aux élus de la jouer, les élus départementaux et les maires des villes de la Loire. Cette chance, c’est que nous sommes au centre de cette grande région. Et en étant au centre de cette grande région, nous pouvons être un point d’équilibre entre le Rhône et le Puy-de-Dôme, entre Auvergne et Rhône-Alpes. Nous avions la malchance d’être marginalisés en Rhône-Alpes. On peut aujourd’hui être recentrés. C’est aux élus de se battre pour que l’on obtienne des choses importantes pour la région stéphanoise. Je pense notamment en termes de services régionaux, de centres de décisions en Rhône-Alpes et en Auvergne.

Des choses importantes sont à revendiquer pour nous. Si on ne le fait pas, personne ne nous le donnera. C’est la règle : il y a la compétition des territoires, les uns vis-à-vis des autres, et l’on ne viendra pas nous servir si nous ne demandons rien. Il faut donc demander, il faut exiger, des choses raisonnables, responsables, par rapport à ce que l’on représente. Par exemple, dans le monde économique, nous avons une grande région industrielle dans le domaine de la mécanique, des tissus médicaux ou encore l’optique. Dans ces domaines-là, on peut revendiquer une première place dans cette future grande région. On peut aussi le faire dans les domaines universitaire et de la recherche. On peut bien sûr le faire dans le domaine du design et de la création industrielle. C’est à nous de le revendiquer. Encore une fois si on ne le fait pas, on ne viendra pas nous l’offrir sur un plateau. C’est aux élus de le faire. À eux de jouer !

 

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lestephanoisC Auteur

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