Pascal DAVAL et Jean-Pierre KOTCHIAN deux auteurs à la hauteur…

Moyenne

C’est avant tout deux amis, deux auteurs de livres, mais aussi un ancien gendarme et un ancien policier que j’ai invités sur Loire Fm, l’idée étant un échange entre ces deux fortes personnalités. Visiblement l’un était plus à l’aise que l’autre derrière un micro…Emission enregistrée le vendredi 30 Octobre 2015.

Je les avaient rencontrés plusieurs fois séparement, extraits de ces rencontres :

Né en 1962 à Clermont-Ferrand, Pascal DAVAL est aujourd’hui dans le Haut Forez où il exerce la profession de commerçant dans l’agglomération de Noirétable. Après une carrière de gendarme pendant 26 ans, lui qui avait l’envie d’écrire depuis sa plus tendre enfance, à l’approche de la cinquantaine, il écrit un premier livre pour des amis sur un site internet : les Pendus de Tire Boeuf, un polar et contre toute attente, attire l’attention d’un éditeur régionaliste.

A la suite d’une émission tardive lui vient l’idée de son nouveau livre, « le nid de la la rage » un livre d’anticipation social, après la crise de la finance, les états sont en faillite, plus de service public, de la science fiction pas si éloignée de la réalité, c’est donc l’histoire du combat d’une petite communauté d’hommes qui vont essayer de s’en sortir et de résister à  l’inhumanité de ce monde là. Un livre écrit en moins d’un mois et demi, son record.

Pascal aime les personnages désemparés, submergés. Ceux dont la vie change, que la vie change brutalement en les confrontant à des choses  qu’ils ne connaissent pas et qui  les fait vaciller sur leurs fondations. Il se documente beaucoup pour ses écrits, aime que ses romans s’appuient sur une certaine réalité du terrain, des gens, et son expérience en tant que gendarme lui permet de piocher dans son vécu. « J’écris sur mon lieu de travail, entre mes clients. Ce n’est pas très difficile, je me suis habitué à cet exercice et toutes ces rencontres quotidiennes sont un véritable plaisir, tout à fait propice à mon inspiration. »

 

Si Jean-Pierre Kotchian vie une belle et longue histoire d’amour avec la peinture, depuis peu il flirt avec la littérature. Avec son premier livre, un ouvrage paru aux éditions Utopia en Juin 2015, il lâche son pinceau pour un retour en 1912 à Angora en Turquie, l’histoire d’un petit homme qui naît en plein empire Ottoman, l’histoire du père et de la famille de Jean-Pierre. Un périple à travers l’empire qui mènera sa famille jusqu’à Constantinople en 1919 après la chute du régime des jeunes turcs. Un récit dramatique, parfois comique, jalonné d’amitiés et de séparations cruelles.

Jean-Pierre raconte le refus d’une réalité, lui qui écrit être de nulle part est né à Saint-Etienne, ce livre sorti pour le centenaire du génocide arménien, est un témoignage de l’histoire proche et le combat contre tous les négationnismes. Un livre qui vient de recevoir le prix Lucien Neuwirth à la fête du livre Stéphanoise il y a quelques jours. Extraits de notre rencontre du 20 Octobre 2015.

Comment est née l’histoire des montagnes rouges ? Elle est née il y a 15 ans, j’ai retrouvé un peu les racines arméniennes à l’occasion d’un diner chez des arméniens que j’avais connu tout à fait par hasard. Comme l’on dit, chassez le naturel il revient au galop, j’ai eu l’idée de commencer à écrire un livre sur mon père. Le problème c’est qu’il y a 15 ans, il n’y avait pas les mêmes moyens pour faire des recherches que nous avons aujourd’hui, je n’avais rien du tout. J’ai donc commencé le manuscrit et puis j’ai arrêté, par manque de temps, et je l’avais rangé dans un vieux livre que j’avais parlant de l’Arménie.
Et il y a deux ans et demie, une amie à ma compagne, qui était de passage à la maison, lors d’une discussion sur l’Arménie, je lui montre cet ancien bouquin, et en l’ouvrant, mon manuscrit est tombé au sol. Là je me suis dit c’est le moment, c’était peut-être un signe. J’ai tout repris le manuscrit, au final il y a très peu du manuscrit original, et cette fois-ci j’avais les moyens de faire des recherches.
J’ai donc retrouvé des écrits de ma mère, qu’elle m’avait caché, en fouillant par hasard, j’ai cherché des traces des anciens livrets militaires de mon père, j’ai tout retrouvé, plus les histoires que m’avaient racontées mon père quand j’étais jeune.
Ces histoires commencent à l’âge de 10 ans et je me suis toujours demandé pourquoi il s’était soudain mis à me parler de cela, je pense qu’il a fait un transfert avec lui, quand l’histoire à commencée, parce que l’histoire commence il avait 10-11 ans.
Au début je voulais raconter cette histoire que pour la famille, c’est mon beau-frère journaliste, qui m’a conseillé d’en faire un livre. il m’a présenté son éditeur, et après lecture ils ont décidés de l’édité, voilà comment est né ce livre.

Ou peut on trouver ce livre ? On le trouve à Saint-Etienne, à Valence, à Marseille, à Grenoble, on le trouve dans toutes les villes ou il y a des arméniens, il y a aussi Paris peut-être. Il n’est pas en sortie nationale, à Saint-Etienne il est disponible à la librairie de Paris et la librairie lune et l’autre. Le livre est diffusé par l’éditeur UTOPIA.

 

Avoir un prix pour un premier ouvrage, c’est une reconnaissance de ton travail ? Oui c’est une reconnaissance, car il y a beaucoup de gens qui ont lus ce bouquin, et j’ai été étonné qu’il plaise autant. Moi je ne suis pas littéraire, je ne suis pas écrivain et je tiens à le dire car je n’ai pas la stature d’un écrivain. Je suis raconteur d’histoires, conteur d’histoires je trouve cela plus romantique, plus joli et je pense que ce sera toujours comme cela. En plus j’ai fait la connaissance de véritables écrivains, c’est un grand plaisir, car ce n’est pas un cercle fermé comme j’aurai pu le croire, c’est des gens qui m’ont bien accueillis.

Combien as tu mis de temps pour écrire les montagnes rouges ? Deux ans et demie, en vérité je voulais l’écrire en une seule fois, je voulais faire un livre de 450 pages, et mon éditeur à dit non cela fait trop, donc la suite sortira en juin 2016, avec le titre « retour interdit ». Je tiens vraiment à souligner que c’est un travail d’équipe.

Pourquoi avoir choisit le titre « les montagnes rouges » ? Les montagnes, parce que tous les massacres qu’il y a eu en Turquie, c’était toujours dans des villes qui étaient haute en montagne, et rouge pour la couleur du sang.

Est ce que l’on en revient pas toujours à remuer le passé, et entretenir la flamme des conflits humains ? Non je ne remue pas justement, je prépare quelque chose d’encore plus fort, que je dévoilerais en temps voulu, je prend aujourd’hui des contacts un peu de partout avec des arméniens qui se battent pour la reconnaissance du génocide, y compris même des turcs, j’ai des correspondances en Turquie et il y a des choses à faire.
Je pense même m’investir plus que ce que je ne l’ai fait jusqu’à présent, parce que c’est quelque chose qui me tient à cœur, et je trouve cela dégueulasse ce qu’il se passe en ce moment, la cour européenne de justice a pris une décision il y a deux jours, de ne pas poursuivre un turc pour négationnisme, je ne l’ai pas digéré et je ne le digère pas.

A terme ton ambition c’est de devenir ministre en Armènie ? (question sur le ton de l’humour) Non pas du tout, simplement une chose, c’est de faire reconnaitre ce génocide, que je puisse retourner en Turquie sur la terre de mes ancêtres, parce que c’est la Turquie la terre de mes ancêtres, à Ankara mais aussi plusieurs autres endroits. Je n’en veux pas aux Turcs, aux jeunes turcs qui sont là actuellement, ils n’y sont pour rien, je voudrais que cette histoire s’enterre définitivement, cela fait 100 ans que cela dur. Il y a eu 1896 aussi, moi j’ai 60 ans, cela fait 60 ans que j’en entends parler, mon père est mort avec cela dans sa tête, il a rechercher son frère toute sa vie, il ne l’a jamais retrouvé. Nous avons eu des blessures tellement profondes, qu’elles ne se sont jamais cicatrisées, elles ne ce cicatriseront jamais. Je ne veux donc pas le laisser passer.

As tu un message d’espoir pour finir ? Oui c’est de lutter, d’aller jusqu’au bout, et il y a aujourd’hui pas mal de Turcs qui sont de notre coté, je peux même évaluer un chiffre, c’est 200 000 intellectuels Turcs qui sont de notre coté. Il y des gens qui se battent en risquant leur vie tous les jours, depuis l’assassinat de Hrant Dink, un journaliste à moitié turc, à moitié arménien, qui était pour la réunification des Turcs et des Arméniens. Moi j’ai aussi des origines grecs donc je me perds un peu dans tout cela (conflit également de l’ile de Chypre).

Pour ecouter en Direct http://tunein.com/radio/Loire-FM-1009-s6578/ ou sur la chaine Youtube du Stéphanois à la Casquette.

 

 

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Auteur de l’article : lestephanoisC

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