Olivier JOLY Maire de SAINT-JUST SAINT-RAMBERT.

Second Maire à nous faire l’honnneur de venir au micro de Loire FM et d’accepter le rendez vous avec le Stephanois à la Casquette, Olivier Joly maire de St Just-St Rambert. Il avait a coeur de parler de la future intercommunalité, je l’avais rencontré une première fois le 11 juin dernier, extraits de cette rencontre.

Saint-Just-Saint-Rambert est née de la fusion de Saint-Just-sur-Loire et de Saint-Rambert-sur-Loire en 1973. Son histoire est intimement liée à celle de la batellerie, la teinturerie, la verrerie, le maraîchage et la métallurgie. Aujourd’hui, elle compte près de 15 000 habitants et elle serait la 9 ème commune de la Loire, ces habitants sont les Pontrambertois, je suis donc allé rencontrer le premier d’entre eux, maire depuis l’an dernier : Olivier Joly. Originaire de Bourgogne, né en Saône et Loire, ancien directeur d’un grand magasin de bricolage stéphanois, il a été élu pour la première fois en 2008 en tant qu’adjoint au maire, délégué au développement économique. Durant ce premier mandat, il fut aussi conseiller communautaire de la Communauté d’agglomération Loire Forez. Comme je n’avais pas eu le temps de faire le tour de toutes les villes en mars 2014, me voilà aujourd’hui dans le bureau du maire à Saint-Rambert pour poser mes questions.

Comment est né votre engagement politique ? Cela a longuement mûri, j’étais déjà passionné par le fait politique lorsque j’étais plus jeune. En effet, quand j’avais une vingtaine d’années, je m’étais engagé auprès d’un élu bourguignon, qui à l’époque était député-maire d’Avalon. C’était quelque chose que j’aimais bien, et au fur à mesure des années, j’ai souhaité à chaque fois, commençait à m’engager un peu plus, pour donner du temps aux autres. Sous la forme, de la création à Saint-Etienne du club Handi-Loire entreprises, pour l’insertion des travailleurs handicapés dans le monde du travail. J’avais initié ce club, qui était entre autres parrainé par l’AGEFIPH et le MEDEF Loire, nous travaillons avec la structure de Cap Emploi, et assez rapidement nous avons fédérer une cinquantaine d’entreprises sur le bassin stéphanois autour du handicap. L’étape suivante, c’est un engagement au sein de la CCI, où j’étais secrétaire du bureau puis vice-président, pour toujours donner du temps aux autres. Je pense que si je n’ai pas cette partie là dans ma vie, il y a quelque chose qui me manque. Effectivement nous travaillons pour soi mais il faut aussi s’ouvrir aux autres pour prendre un réel plaisir. La troisième étape de la fusée, c’est à un moment donné devenir conseiller prud’homal, juge au conseil des prud’hommes. Je le suis toujours aujourd’hui et je siégeais encore ce matin, pour essayer de trancher sur des affaires entre salariés et employeurs. Donner du temps aux autres, c’est une bonne ligne directrice.

Moi aujourd’hui, je suis beaucoup plus proche de ce que l’on appelle les Républicains, en terme de sensibilité politique mais c’est ma sensibilité personnelle. En étant que Maire de Saint-Just-Saint-Rambert, à aucun moment je n’ai sollicité mes colistiers pour savoir leurs appartenances, leurs opinions. Ce qui fait que dans mon équipe aujourd’hui, il y a un bon nombre de personnes qui ne votent pas comme moi et cela ne me pose aucun souci. C’est la diversité, pour moi, qui fait fonctionner une commune, je distingue très bien les élections locales des élections nationales. Je vous réponds à titre personnel, je ne réponds pas en tant que Maire. En tant que Maire je n’affiche pas d’étiquette politique, je ne le souhaite pas parce qu’effectivement dans mon équipe, je respecte l’opinion de chacun. Quand nous parlons de problématiques de voiries, d’écoles, d’associations, il faut dépasser cela au niveau d’une commune. J’y tiens réellement, la campagne municipale n’a jamais été focalisée sur un débat : gauche-droite. C’est plutôt ce que voulons nous pour notre commune ? La question est la suivante : est-ce bon ou pas pour notre population ?

 

Un an après, comment avez vous vécu la campagne des municipales l’an dernier ? C’est quelque chose de très engageant personnellement, familialement, il faut avoir la santé, mais c’est également une grande chance, car j’ai rencontré tout le monde. Des personnes les plus jeunes aux personnes les plus âgées, et écouter les attentes des habitants pour faire mûrir un vrai projet, après dans un deuxième temps arrive la réalité économique. C’est-à-dire qu’il faut faire coïncider, les attentes des habitants, faire un projet, mais faire surtout un projet réaliste, je suis issu du monde de l’économique, il était hors de question pour moi de ne pas sortir mes résultats ou mon bilan en fin d’année. Chez Leroy Merlin, j’avais 180 personnes, c’est donc 180 familles qu’il fallait payer en fin de mois. Par contre, si en fin d’année le bilan n’était pas bon, c’est tout le monde qui « trinquait ». Pour une mairie c’est pareil, nous avons beaucoup d’ambitions, de projets, mais il faut le faire avec nos moyens, et moi quand je vais faire des courses, même sur le marché, si j’ai 50 euros, je n’en dépense pas 55. Je ne demande pas à la fin il me manque 5 euros, qui me les donne ? Et très souvent dans le milieu politique, on dépense et ensuite on se demande où aller chercher ce qu’il manque. Moi, je pars d’un autre principe, venant du monde économique, c’est de se dire : qu’est-ce que j’ai en poche et qu’est-ce que j’ai le droit de dépenser ? Et je fais rentrer ce qu’il faut pour que cela tienne, cela explique que je vais tronçonner les travaux du Boulevard Jean Jaurès, en 3 temps et en 3 morceaux. Je préfère aller sur certains sujets plus lentement, mais le faire en respectant ce sur quoi nous nous sommes engagés. Nous avons présentés dès la première année un projet avec 0 % d’augmentation d’impôts, et cette année pour la deuxième année consécutive nous aurons 0 % d’augmentation, malgré les baisses de dotations de l’Etat.

Justement pendant la campagne, toutes ces rencontres ont-elles influencées le projet initial ? On évolue forcément sur certaines questions, au contact de la population mais également sur la diversité des élus qui sont autour de la table. Par exemple : sur le plan éducatif local, nous avons de manière plutôt concerté mis en place les rythmes scolaires pour les plus jeunes, par contre pour les jeunes qui partent aux lycées, ils ont tendance à quitter la commune pour aller ailleurs, comment retenons-nous ces jeunes sur la commune, qu’est-ce qu’on leur apporte ? Il y a une nécessité de s’ouvrir pour leur dire de quoi avez vous besoin ? Que souhaitez vous ? Le 1er Juillet nous proposons un concert sur les bords de Loire avec « Collectif Métissé », cela en découle, c’est ce dire c’est l’été, nous avons les bords de Loire, et nous ne faisons rien. Non, cette année, nous allons essayer tous les mercredis du mois de Juillet, de faire un rendez-vous récurent pour toute la population, des plus jeunes, des familles, jusqu’à une soirée guinguette pour les plus âgées, pour rappeler ce qu’étaient les bords de Loire, il y a 50 ans. Il faut répondre à la diversité, ce n’est pas antinomique.

Quels sont les orientations et objectifs de ce mandat ? L’objectif de ce mandat est de conserver l’attractivité de notre commune, de conserver cet esprit de ville à la campagne, nous sommes à deux pas de Saint-Etienne, et pourtant dès que l’on sort de chez soi, nous sommes au bord du canal du Forez, nous pouvons nous promener sur les coteaux ou sur les bords de Loire, c’est vraiment important de conserver cette attractivité et ce cadre de vie. Garder cet équilibre, et le but ultime c’est que chaque Pontrambertois se sente bien dans sa ville et chez soi.

Quel est la place de Saint-Just-Saint-Rambert qui est dans « la communauté d’agglomération Loire Forez » surtout par rapport au voisin Andrézieux-Bouthéon qui est maintenant dans « Saint-Etienne Métropole » ?  Je pense que si Andrézieux-Bouthéon à choisi de rejoindre Saint-Etienne Métropole, c’est parce qu’il devait penser y retrouver un certain avantage, aujourd’hui Saint-Just-St-Rambert fait parti de l’agglomération Loire Forez avec Montbrison, et tourné vers la plaine. Effectivement, il y a une remise à plat qui est en cours des contours des agglomérations, des discussions ont lieu avec certaines grosses communes, certaines agglomérations pour voir qui peut se réunir avec qui. Mon analyse est simple, nous avons Montbrison qui est une ville centre, qui fédère beaucoup toutes les villes de campagne, qui viennent faire leurs courses et vivre sur Montbrison. Au même titre que Feurs, qui devient aussi une ville centre, avec toutes les communes rurales qui viennent consommer sur Feurs. Saint-Just-Saint-Rambert n’est pas forcément dans la même typologie d’habitat, nous sommes sur une population un peu plus tournée sur Saint-Etienne, du moins pour le travail, et sans doute que nous sommes plus proche de Saint-Galmier ou Veauche. Saint-Galmier qui comme Saint-Just-Saint-Rambert à un centre ville dynamique, mais avec moins d’attractivité autour puisque nos habitants sont tournés sur Saint-Etienne. Nous avons donc plus des échanges EST-OUEST que NORD-SUD dans cette plaine du Forez. Moi, mon rêve serait que toutes ces personnes là, puissent fonctionner ensemble, pour trouver un équilibre, ville campagne, mais en conservant des villes centres qui soient fortes, comme Montbrison, Feurs, Saint-Galmier, Saint-Just-Saint-Rambert. Si cela ne se fait pas à cause d’ego personnel trop important, de certains élus qui ne résonnent pas territoire mais plan de carrière, et que nous restions sur des visions plus court terme, et de petite dimension, effectivement je ne m’interdis pas de discuter avec d’autres personnes… Moi, je suis très pragmatique, je suis petit-fils d’agriculteurs et d’artisans, et tant que la récolte n’est pas dans le grenier, elle n’est pas terminée. Mon premier critère est un Forez fort, entre un gros Roannais et un gros Stéphanois. Si cela ne peut pas se faire, il faudra encore une fois réfléchir.
Après changer de communauté, pour prendre un point de plus de taxe d’habitation et un demi-point de taxe foncière… il va falloir quand même l’expliquer à la population, et il faudra surtout mettre des services en face, et des vrais services, que nous ne soyons pas une réserve d’indiens à 15 kilomètres d’une ville comme Saint-Etienne.

Serez-vous candidat aux prochaines élections régionales en décembre prochain ? Déjà par rapport aux élections départementales, Alain Laurendon qui était l’ancien Maire, était conseiller départemental, il a souhaité repartir et continuer au sein de l’assemblée départementale, il a fait un boulot formidable sous l’ancienne mandature concernant le tourisme, il a en charge maintenant les routes et les transports, et les choses se font plutôt naturellement sur Saint-Just-Saint-Rambert. Comme le passage de témoin avait été transmis entre Jean-François Chossy à l’époque et Alain Laurendon, de la même manière Alain Laurendon m’a transmis ce témoin l’année dernière en me confiant la responsabilité de conduire la liste dont il fait toujours parti. Donc pour les départementales il n’y avait pas de soucis, c’était tout à fait naturel, en concertation complète. Sur les régionales, à ce jour je n’ai pas été sollicité, philosophiquement je me sentais plus proche de Michel Barnier, mais aujourd’hui, c’est Laurent Wauquiez qui réunit autour de lui, l’ensemble de la classe politique qui est proche de mes idées, je me rangerai bien sûr derrière sa candidature. Même si je reste à penser que l’expérience de Michel Barnier, et sa capacité d’ouverture était un gage pour moi et pour la région. Michel Barnier n’ayant pas été retenu je soutiendrais à 100 % la candidature de M. Laurent Wauquiez. Et personnellement, je ne suis candidat à rien, j’essaye de bien faire mon travail au sein de ma commune, de la faire bouger, de montrer aux personnes qui viennent nous voir, qu’il se passe des choses ici, il y a un cinéma qui sort de terre avec 7 salles, ce qui m’importe vraiment c’est d’avancer sur ma commune. Je n’ai pas de plan de carrière, de pré-établi aujourd’hui, et ce n’est pas parce que je suis 6 ème ou 7 ème commune du département, que je lève le doigt, avec des « je veux » « je demande ». Je ne revendique rien, pour revendiquer, il faut être propriétaire de réalisations, il faut avoir une légitimité, et tout ceux qui lèvent le doigt aujourd’hui doivent se demander que puis-je apporter à ma région ? Raymond Barre disait : « il n’y a pas une place à occuper mais un travail à faire. »

Pour finir ce long entretien, avez vous un rêve fou pour votre commune ? Je suis peut-être trop pragmatique pour cela, et puis je vous l’ai déjà dit mon rêve fou. Moi je serais le plus heureux des maires si chacun se sentait bien chez soi et dans sa ville. Aujourd’hui chaque personne étant différente, a des attentions différentes, les besoins sont vraiment divers et variés, et changent suivant les âges. Si chaque habitant trouve sa place dans la commune, aussi bien de l’accession sociale, de l’habitat, un appartement médicalisé, avoir à chaque étape de sa vie la possibilité de vieillir chez soi, on aura fait un grand pas, quelque soit ses origines ou ses moyens.

Pour ecouter en Direct http://tunein.com/radio/Loire-FM-1009-s6578/ ou sur la chaine Youtube du Stéphanois à la Casquette.

 

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