Jean-Louis Gagnaire, député de la Loire.

Chaque jeudi c’est un immense bonheur de recevoir, de découvrir et surtout de comprendre. Le 19 novembre c’est avec l’un des anciens “Vice-Président” de la région Rhône-Alpes, et actuel député de la Loire, Jean-Louis Gagnaire que nous retrouverons l’enregistrement que nous avons fait au micro de LOIRE FM.

 

Je l’avais déjà rencontré le 19 avril 2014, au lendemain des élections municipales et avant du mouvement au sein du gouvernements, extrait de cette rencontre.

Né en 1956 à Saint-Étienne, Jean-Louis Gagnaire passe son enfance à Saint-Bonnet le Château (42). Élu député de la 2e circonscription de la Loire avec 53,99 % des voix ce qui l’oblige à quitter le Conseil général de la Loire en août 2007, placé en 3ème position de la liste municipale victorieuse conduite par Maurice Vincent en 2008, il n’a participé qu’à un seul conseil municipal dans sa vie d’élu car il préfère privilégier son action à la Région Rhône-Alpes pour mieux servir la Loire. Souvent nous discutions en « off » mais j’ai voulu aller le rencontrer pour avoir ses réactions à la vague bleu et au gouvernement Valls.

Comment est né votre engagement politique ? A vrai dire je me souviens plus, c’est tellement ancien. En fait dans ma famille, on parlait beaucoup de politique, j’avais un peur qui était plutôt « gaulliste« , mon grand père avait été adjoint au maire. Et puis mes parents, avaient eu la bonne idée de me mettre une marraine communiste, qui était elle aussi adjointe au maire. Autant vous dire que les repas de famille c’étaient tonic, donc j’ai toujours entendu parler politique chez moi. Et puis je suis d’une génération ou c’était naturel de s’intéresser à la politique, donc dès le lycée, je m’intéressais à la politique. Je n’étais pas au parti socialiste, c’était très éloigné, à l’époque ou l’on en parlaient j’imaginais pas un jour devenir député. Cela me passionnait quand j’étais gamin, j’écoutais les discussions des adultes, même quand cela chauffait. Je me suis ensuite engagé au niveau associatif, j’avais quo-fondé une MJC dans ma petite ville de St Bonnet le Château, à l’époque il avait fallut plaider avec la mairie pour avoir des subventions, c’était une forme de politique. Quand je me suis très très intéressé à la politique c’est quand je suis rentré au lycée, en seconde, j’étais à Mimard et avec un copain, pendant les études, nous parlions que de politique, on ne foutait rien d’autre.

Aux dernières municipales, comment expliquez vous la vague bleu sur les principales ville de la Loire, exceptée Firminy ? Il y a des raisons diverses, tout d’abord suite aux élections législatives de 2012, on avaient vus des villes ou les maires n’étaient pas bien installés, à Roanne et à Saint-Chamond en pleine vague rose, alors que M. Hollande avait fait de bons scores dans ces villes, eux étaient minoritaires dans leur commune. Il y avait déjà là un soucis. A Firminy à l’inverse le maire n’était pas en très bonne situation, il a quand même gagné. A Montbrison, c’est la mauvaise surprise, puisque Mme Faure avait été élue la dernière fois, au 1er tour, et environ avec 52 % aux élections législatives. Saint-Etienne, il ne fallait pas oublier que la ville avait été gagnée dans une triangulaire, à l’époque c’est la division de la droite, qui fait gagner M. Vincent. C’est vrai qu’à Saint-Etienne nous étions dans une configuration différente qu’à Roanne ou Saint-Chamond, aux législatives nous avions fait à un « chouilla près » 60 % avec M. Juanico, Hollande avait fait 58 %. Il est clair que Saint-Etienne, comme des autres villes de France a connue la déception « Hollande » mais pas que. Il y a d’autres raisons qu’il faut savoir analyser, on a tous entendu parler qu’un certains nombres d’élus n’étaient pas accessible, notamment dans les quartiers populaires. Quand on est élu c’est jour et nuit, il faut être accessible, il faut être disponible, on n’est pas l’élu d’un camp mais l’élu de tous, même quand les gens n’ont pas les mêmes opinions, on doit être aussi disponible que pour les autres. Il y a des projets qui ont été contestés par les stéphanois, dont l’Hôtel de ville et Dorian, tout cela mélangés. Apparemment la manière dont le cabinet du maire fonctionnait, il y a eu un rejet de la personne. Il y a des personnels municipaux qui se plaignaient qu’un certains nombres d’élus ne les saluaient pas quand ils les croisaient, chacun a le droit à sa dignité. Le geste de serrer la main veut dire que l’on a pas d’arme dans sa main, aux origines. Cela veut dire que l’on considère les gens, c’est important, il est clair que beaucoup de gens sont en difficultés, y compris chez les gens qui travaillent, les salaires sont bloqués, si en plus vous ne les considérez pas, ou qu’ils vous passent en dessous des yeux, c’est insupportable. Je suis intervenu auprès du maire, en tant que député, quand il y avait des choses qui dysfonctionnaient, si vous rajoutez des exigences sur la propreté, la sécurité, ou encore les incivilités, cela fait un cocktail détonnant. Le plus difficile en politique ce n’est pas d’être élu la première fois, c’est d’être réélu. 2008 c’était l’heureuse surprise, il fallait se souvenir que sur la liste de M. Artigues il y avait des socialistes. Au départ M. Artigues et Chambe étaient bienveillant avec la nouvelle municipalité, et puis tout à été fait pour les renvoyer dans le camp adverse. Les gens nous disent ce que l’on veut c’est que les bons de gauche et de droite travail ensemble. Je pense qu’il faut élargir sa base, ce qui a pu induire en erreur beaucoup,se sont les résultats de la présidentiel et les législatives, les régionales aussi je m’en souviens, ou c’était grâce à la ville. Le score des 2 députés n’est pas le score de la municipalité, les gens font bien la distinction. Et les sondages ont sous évalués l’abstention, dans l’électorat de gauche et ne prenait pas en compte la décote de M. Hollande. Pour donner sa place a chacun, il faut que les choses marchent bien, et que l’on soit efficace, c’est une exigence, alors je ne sais pas si c’est être de droite ou de gauche. Quand on gère l’argent public, être de gauche c’est gérer avec parcimonie et de manière efficace. Ils y en a qui se sont laisser éblouir par ces sondages, qui étaient complétement bidon, dans la mesure ou ils ne prenaient pas en compte que la moitié des électeurs n’allaient pas allez voter. La vraie campagne à été très très longue a démarrée, on va dire en février. Moi j’ai découvert que l’équipe de M. Perdriau, avait commencée a voir les associations les unes après les autres, il y a déjà très longtemps et avait fait remonter les besoins et attentes. Compter sur les sondages et sur les bons résultats des autres a eu un effet démobilisateur, il ne faut jamais être démobilisé en politique, il n’y a jamais d’élection acquise d’avance. Quand j’ai vu l’alliance a droite, je me suis dit cette fois-ci c’est définitivement perdu, il y avait une petite chance s’ils étaient resté divisé, dès lors qu’ils se mettaient ensemble. Même si c’est une alliance de circonstance, en même temps il faut que l’on soit fier de notre ville tout en restant lucide sur notre place, nous ne sommes pas exceptionnel. Un tel écart cela veut dire quelque chose. Les équipes qui durent ce sont celles qui sont en phase avec l’opinion. Être élu ce n’est pas simplement allé serrer des louches et se montrer en photos, il y a pas cinquante solutions, il faut bosser.

Avez vous votez la confiance au gouvernement Valls, et en cas de dissolution anticipée, n’avez vous pas peur de perdre votre mandat ? Oui bien sur j’ai voté la confiance, en cas de dissolution on pourrait s’attendre a ce qu’il y ait entre 60 et 80 députés socialistes d’après les experts du P.S. Moi je veux bien faire le « con » mais il y a quand même des limites, après avoir perdu des grandes villes, on peut effectivement perdre l’assemblée nationale, le sénat et puis se prendre pour 30 ans d’opposition. Moi je suis pour que l’on réduise le nombre de députés et de sénateurs. 400 députés et 200 sénateurs ce serait largement suffisant, à partir de 2017 il n’y aura plus de cumul des mandats, il faudra que les députés ne soient qu’a Paris, il faudra réorganiser leur travail. C’est toujours l’assemblée nationale qui a le dernier mot, y compris aujourd’hui avec un sénat sensé être de gauche. J’ai voté la confiance car je considère que M. Valls c’est la dernière chance, le problème c’est que M. Valls a une côte qui est très supérieure à celle du président de la République, le président est très discrédité, on n’a pas le droit de refuser la confiance au premier ministre, sinon on démissionne et on quitte le parti socialiste et on fait autre chose, on ne peut pas être dedans et dehors. Dans une équipe si quelqu’un tire, pour comparer avec le football, contre son gardien, il est exclu de l’équipe. Mardi prochain, comme je suis membre de la commission des finances, avec M. Juanico nous sommes invités à Bercy pour dire des choses, moi je vais pas m’interdire de parler. On a le droit de tout se dire en famille, mais pas à l’extérieur. C’est suffisamment difficile aujourd’hui c’est pas la peine d’aller alimenter la presse, quand il y a des députés qui critiquent certaines orientations, qui font des propositions, moi je suis mille fois d’accord, de là a en faire des feuilletons télés, il y a un moment ça va. Nous tenons notre mandat de l’élection de M. Hollande quand même, il y en a quelques uns qui devraient s’en souvenirs. Ce que je reproche à M. Hollande, il aurait du dire, la situation était beaucoup plus grave que ce que l’on imaginait, un peu comme à la mairie de Saint-Etienne, c’était dès 2012 qu’il fallait prendre un certains nombres de mesures. On aurait dit aux français, le pays est dans la merde, on va demander des efforts a tout le monde, absolument tout le monde. Au lieu de cela il y a eu une augmentation des impôts qui a beaucoup touchée les classes moyennes. C’est aussi a cause de la suppression de la demie part par M. Sarkozy, des gens qui sont devenus imposable. Quand on vois que le directeur général du crédit agricole s’augmente de 30 %, et puis il fait des licenciement dans certaines caisses, c’est juste pas possible. Il faut redonner des marges aux entreprises qui n’arrivent plus a concurrencer les entreprises étrangères, mais donner des marges cela ne veux pas dire que c’est toujours les mêmes qui payent. Il y a une question d’équilibre à trouver mais on ne couperas pas aux efforts, sauf que l’on a perdu 2 ans. On avait le devoir de dire que la situation est grave et que si l’on fait rien la France va être déclassée.

Gagnaire Si vous êtes réélu député en 2017, ne seriez vous pas le mieux placé pour conduire une liste municipale en 2020 ? Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2020, mais c’est clair que beaucoup de gens pensent cela, qui me sollicitent. Il est clair qu’en 2008 j’aurai pu, je ne l’ai pas voulu, la « rue de solférino » souhaitait que je sois candidat. Je ne l’ai pas voulu car je venais d’être élu député l’année d’avant, je pensais que c’était pas sérieux, je suis dans une conception ou il y a beaucoup de travail, on peut se le partager, on peut se répartir les rôles. Je ne suis pas dans une conception ou je vais concentrer sur moi, tous les pouvoirs et tous les mandats. Cela peut être un regret finalement chez moi, de ne pas y être allé, parce que peut être cela ne se serait pas terminé avec 4000 voix d’écart. C’est clair, que pour 2020, d’ailleurs il y en a beaucoup qui me sollicitait déjà pour cette année. Ce qui fait que beaucoup de stéphanois pense à moi, j’ai été élu sur mon nom, ce n’est pas pareil que d’être élu sur une liste. J’ai été élu au delà des voix de la gauche, c’est vrai que cela c’est beaucoup dit et du coup cela m’a attiré plein « d’emmerdements » car certains sont allé le rapporté à M. Vincent. Je pense que c’est tellement dur qu’il vaut mieux travailler en équipe et se faire confiance, et en répartissant les rôles. Exemple avec M. Juanico, je suis pas en accord avec lui, lui est sur l’aile gauche, moi on va pas dire l’aile droite, avec Régis, d’abord il ne m’a jamais fait de « bébé » dans le dos, je suis souvent en désaccord avec lui mais je le soutiendrais toujours. Parce que l’on peut être complémentaire en même-temps, lui s’adresse a des gens que je ne rencontre pas forcément, et inversement j’arrive à parler à des milieux que lui ne connait pas. La politique c’est d’essayer de trouver la complémentarité, c’est pas un chef, c’est pas l’armée, des officiers, des sous-officiers, il faut que se que disent les hommes de troupe remonte au sommet. Pour 2020, j’en sait rien, il y a beaucoup d’échéances, M. Queyranne, m’a proposé de conduire la liste pour les régionales, compte tenu de la catastrophe électorale, il souhaite avoir quelques leader, cela dépasse le cadre de Saint-Etienne et de la Loire. Es-ce que je serais pas complétement gaga en 2020, ça j’en sait rien. Es-ce que je serais en situation, es-ce que j’en aurais envie ? En tout cas cela fait plaisir d’entendre que des gens pensent à moi, pour relever le défi, mais c’est une lourde responsabilité.

Si vous aviez un rêve fou pour Saint-Etienne, ce serait lequel ? Le rêve fou c’est que tout le monde est du travail c’est cela le vrai rêve. J’entends parler ma mère, à l’époque ou elle était jeune, la ville était certainement moins belle qu’aujourd’hui, mais les gens étaient heureux de vivre, ils avaient tous du boulot. C’est que chacun trouve sa place dans la société, et je le souhaite pour Saint-Etienne, comme pour d’autres villes.

Pour ecouter en Direct http://tunein.com/radio/Loire-FM-1009-s6578/ ou sur la chaine Youtube du Stéphanois à la Casquette.

 

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Auteur de l’article : lestephanoisC

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