Cécile CUKIERMAN Sénatrice de la Loire

C’est une jeune femme dynamique, mère de famille, sénatrice et en route pour un nouveau mandat au conseil régional « Rhône-Alpes-Auvergne », qui a acceptée de venir faire l’émission de Radio “Rendez-vous avec le Stéphanois à la Casquette”.

Active à l’automne 95, dans le mouvement étudiant, elle décide d’adhérer à l’UNEF et devient responsable de l’UNEF dans sa filière puis à l’université Paris1.Titulaire d’une maîtrise en histoire médiévale byzantine puis le CAPES en 2001. Cécile Cukierman enseigne alors l’histoire géographie au collège jusqu’en 2011, dans le département de la Loire. En 2004, elle est élue conseillère Régionale Rhône Alpes. Membre du groupe communiste, et présidente de la commission économie-emploi, puis en 2008, on lui propose d’être candidate aux élections municipales dans sa commune d’Unieux, où elle est élue adjointe au maire, en charge de la démocratie participative. A ce titre elle mets en place les conseils de quartier.

En 2011, elle quitte le conseil municipal, Cécile est élue Sénatrice de la Loire et rejoint le groupe Communiste Républicain et Citoyen. Elle est alors la plus jeune de la « Haute Assemblée ». Membre de la commission des affaires culturelles jusqu’en septembre 2012, elle rejoint alors la commission des lois du Sénat en 2012. Ce 21 juin 2015, élue cheffe de file par les communistes pour les élections régionales de décembre 2015, elle se lance dans un grand voyage dans cette nouvelle grande région avec 1000 rencontres…Extraits de notre rencontre du 9 Septembre 2015.

Comment est né votre engagement politique ? Il est né progressivement, je crois qu’il est né tout d’abord, par ce que m’a transmis ma famille, j’avais des parents qui étaient fortement impliqués dans le combat contre l’apartheid, notamment la bataille pour la libération de Mandela, qui semblait à la fin des années 80 complétement improbable, impensable. Et à force de mobilisation et de batailles internationales a été libéré, moi j’avais 14 ans, c’est à ce moment la que j’ai prise conscience qu’en se battant, en se mobilisant on pouvait réellement changer les choses. Changer le monde. j’ai grandi dans une famille ou une partie était communiste et les autres, compagnons de route, et quand je suis arrivée à l’université, c’est le parti communiste dans lequel je me suis le plus retrouvée. Sur la notion de partage, de partage des richesses, des valeurs de solidarité, et cette exigence qu’on les communistes parfois de se battre pour ce qui semble in gagnable, mais en tout cas de ne jamais renoncer. Se battre jusqu’au bout pour les gens qui en ont besoin. Moi c’est ce qui m’a poussée à rejoindre la parti communiste.

Conseillère régionale depuis 2004, quel bilan dressez vous de vos mandats ? (sourire) Moi j’ai eu un premier mandat de 2004 à 2010, ou j’étais présidente de la commission économique, et depuis 2010 je suis en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. Le bilan tout d’abord, c’est que le mandat de conseiller régional est exigeant, il n’est pas forcément identifié par le plus grand nombre des habitants de la région, et en même temps c’est un mandat riche, intéressant, j‘ai pendant 6 ans contribuée à la mise en place de la commission de contrôle des fonds public. C’est une des mesure importante du mandat précédent, avoir une possibilité de recours et de pouvoir s’assurer que l’argent régional soit bien utilisé, pour créer et sécuriser de l’emploi. Et non pas pour faire des licenciements, cela faisait en tout cas parti de nos engagements de campagne de 2004. J’ai découvert un monde économique avec de très petites entreprises qui souvent se voient fermer la porte par les banques, les banques qui ne veulent jamais prendre aucun risques, et du coup laissent sur le carreaux de nombreuses petites entreprises. Des petites entreprises qui sont quand même sur des plans sécurisés et qui créent des emplois, bien évidement il n’y a jamais de risque zéro, et c’est vrai dans tous les champs de la vie.

Et sur le mandat qui s’achève, encore une expérience riche en participant à l’exécutif, et en ayant une ambition, qui est de la question entre les femmes et les hommes soit travaillée dans toutes les politiques, ce n’est pas simple, cela ne se décrète pas. Mais finalement s’interroger quand on est une femme politique, sur les conséquences que les décisions que l’on prend on sur les femmes et les hommes c’est intéressant, c’est important, cela invite à un regard toujours critique sur ce que l’on fait. Et de 2004 à aujourd’hui j’ai beaucoup suivie les politiques de massif central pour la région Rhône-Alpes, ce qui m’a aussi bien évidement ouvert sur le travail avec d’autres élus régionaux, d’autres départements, cela m’a permis de travailler en proximité avec les élus locaux, les différents territoires du massif central, en lien avec la question des politiques européennes. j’avais le soucis moi en tant que conseillère régionale Rhône-Alpes, de rééquilibrer les politiques de notre région vers l’ouest, et que cela ne soit pas tout pour l’or blanc, tout pour le coté des montagnes alpines, mais que nos territoires ligériens ou d’Ardèche, puissent aussi bénéficier des politiques régionales.

On a le temps d’être à la fois Sénatrice et Conseillère régionale ? Moi je suis sénatrice depuis 2011, donc la question d’avoir deux mandats ce pose depuis 2011, je crois qu’il y a des temps de complémentarité, parce que être élue c’est être aussi présente sur son territoire, être présente dans les luttes. Et cela que l’on soit sénateur ou conseiller régional c’est largement compatible, mais je me rend compte aujourd’hui, que le fait d’être restée à l’exécutif est parfois contraignant et prend en tout cas beaucoup de temps, et si cela était a refaire, je ne serais pas restée à l’exécutif. Mais on ne revient pas sur son passé, en revanche conseillère régionale sans mandat dans l’exécutif et sénateur, j’ai le temps, et puis dans la constitution de la Vème république, et de la place du sénat, peut-être que s’il y a une VIème république, il faudra repenser tout cela, et je le souhaite.

Je pense qu’il serait dommage d’avoir des sénateurs qui ne soient pas élus dans les collectivités territoriales, car pour les représenter c’est bien de les connaitre. C’est la complexité de ces réalités, il faut aujourd’hui une nouvelle république, et que toute cette question du nombre de mandats dans la durée, et la place d’un sénat est certainement à repenser. En tout cas cela ne se décrète pas.

Vous allez conduire la liste du Parti Communiste, est ce si difficile de se réunir a gauche ? moi je ne vais pas conduire la liste du parti communiste, je suis aujourd’hui cheffe de file des communiste, et nous voulons créer une liste dans lequel d’autres forces politiques trouvent leur place. Et surtout des citoyens non engagés, donc il n’y aura pas une liste du parti communiste, mais effectivement je représenterais les communistes dans cette bataille des élections régionales. Nous restons membres du front de gauche, nous pensons que la démarche du front de gauche de ne rien lâcher contre l’austérité et de placer l’humain d’abord, reste plus que jamais d’actualité dans notre région. nous avons aujourd’hui des discussions avec le MRC, qui devraient se confirmer. Il y a aussi d’autres formations avec qui nous sommes aujourd’hui en discussion, il y a des choses qui se construisent, il n’y aura pas une liste communiste, mais une liste de rassemblement citoyen engagés qui se mobilisent.
Après c’est difficile de se réunir à gauche, oui parce que le rassemblement ne se décrète pas, c’est une bataille politique, qui doit nous animer. Mais surtout, quel que soit ou l’on se trouve sur l’échiquier politique, il doit se construire sur un fond sincère et de respect entre les différentes formations. Aujourd’hui à la question, qu’est ce que la gauche ? entre celle qui est au gouvernement et celle qui combat dans la rue est posée. En 2010 que se soit en Auvergne et en Rhône-Alpes, il y a eu 3 listes à gauche, cela n’a pas empêché la gauche de gagner. Je ne crois pas que cela soit forcement des handicaps, et créer un rassemblement simplement pour battre quelqu’un ou pour être devant quelqu’un d’autre, n’est pas un moteur sincère et ne permet pas de gagner à la sortie. Cela se construit et le premier des rassemblements à faire aujourd’hui , est avec toutes celles et tous ceux qui ne se retrouvent pas dans les parties politiques, ceux qui pour l’instant non pas fait le choix d’aller voter. Et ceux la sont les plus nombreux et c’est à eux que moi j’ai envie de m’adresser.

M.Wauquiez a déjà gagné, comment comptez vous inverser cette affirmation ? Alors M. Wauquiez a déjà gagné, oui et non, je crois d’ailleurs que les récents sondages montre que la gauche n’a pas perdue, en tout cas. Et je pense que si la gauche n’a pas perdue, Laurent Wauquiez n’a pas gagné. (rire) ce n’est pas de la langue de bois mais un constat. Je crois qu’une élection n’est jamais faite d’avance, bien évidement tout le monde par avec des calendriers et des temps différents, cela se traduit peut-être dans des sondages différemment. Nous la vraie bataille que l’on souhaite mener c’est que sans notre liste, et sans la mobilisation d’un électorat qui combat les politiques d’austérité, qui défend les services publiques régionaux et nationaux, il n’y aura pas de mobilisation assez large pour battre Laurent Wauquiez. Si l’on souhaite que M. Wauquiez ne soit pas président de la région, nous avons besoin que notre liste face le meilleur score possible. Donc la meilleure façon d’inverser cette affirmation, c’est de se mobiliser dès aujourd’hui, de faire la campagne, faire la démonstration a ceux qui ont décidés de ne pas aller voter, qui risque d’être les plus nombreux, parce que s’il est élu, notre région, donc nos vies deviendront des laboratoires, des zones expérimentales de ce qu’est une politique de droite, on le voit dans nos mairies, dans les départements qui ont basculés à droite, c’est quand même pas la même chose.

 

M. Perdriau Maire de Saint-Etienne roule pour M. Wauquiez pour avoir refusé votre réunion au parc Sanguedolce ? C’est une faute politique qu’a fait M. Perdriau de refuser la tenue de notre initiative publique, les communistes ont toujours été des gens responsables, nous souhaitions faire cette réunion dans le parc Joseph Sanguedolce, parce que c’est aussi le cinquième anniversaire de sa disparition, il y avait un clin d’œil symbolique, c’est dommage et par ce qu’a été Joseph, son engagement, qui rend hommage au passé mais qui se projette toujours vers l’avenir. Je le regrette et je ne suis pas sur que cela le grandisse.

Si vous rencontriez pendant la campagne la candidate que vous êtes, quel question auriez vous envie de lui poser ? Je poserai la question que pouvez vous faire pour que notre réalité s’améliore ? ou plutôt notre quotidien.
Au niveau de la région nous ne pourrons pas tout faire, on e peut pas changer le quotidien mais on doit l’améliorer, en développant du service public qui permet à tout le monde, quel que soit ses conditions sociales ou son lieu de vie, que l’on habite en ville ou à la campagne, de pouvoir accéder à un certains nombres de services, je pense à la nécessité de renforcer aujourd’hui la gratuité de l’enseignement dans les lycées, que ce soit par les livres, les déplacements, la restauration scolaire, donc garantir cela c’est améliorer ce quotidien, les fins de mois. Participer aussi et je crois que nous ne l’avons pas fait suffisamment, et très très peu dans les précédents mandats par les choix politique, même si nous nous sommes battus pour, participer aux droits aux vacances pour tous, ce n’est pas normal que dans notre région, et encore plus demain dans Auvergne, Rhône-Alpes, que l’on est pas des billets à 1 euro par exemple les week-ends pendant les vacances scolaires, les grandes vacances, qui permettraient le départ de familles.

Effectivité au droit aux vacances, et surtout face à la première inquiétude des auvergnats et rhônalpins, qui est la question de l’emploi, il y a besoin de renforcer le contrôle et la nécessiter d’avoir une politique de développement économique, qui se concentre sur la création d’emplois. Il n’est pas normal aujourd’hui, que la région vienne en aide à des grands groupes, qui touchent par ailleurs du « CICE » et d’autres aides de l’Etat et qui ne font rien pour développer l’emploi dans leurs entreprises. Cela doit devenir demain un critère indiscutable, nous devons être intransigeant sur cette question là. Créer de l’emploi et le sécuriser, cela doit être l’exigence première des politiques régionales de demain dans le cadre du développement économique et de l’aménagement du territoire. Puisque l’enjeu dans l’emploi c’est que bien évidement tous les emplois, ne soient pas sur LYON, mais se répartissent à l’échelle de l’ensemble de la région RAA. Les politiques régionales peuvent et doivent participer à vivre et travailler au pays, la ou on le souhaite. Par les services publics et une politique économique au service de l’emploi. C’est donc bien une bataille politique à mener, avec un gouvernement qui se dit de gauche, les politiques qu’il met en place depuis 2012, ne répondent pas au peuple de gauche qui lui a permis d’être élu…Nous avons aujourd’hui une crise économique et politique, beaucoup de gens ont crus au changement en 2012 et aujourd’hui sont déçus et s’exclue de la politique. Il faut pas se cacher que la gestion de la région n’a pas été communiste, et s’il n’y avait pas eu les élus communistes un certains nombres de mesures n’auraient pas été mises en œuvres. Bien sur les communistes n’ont pas été aux premières manettes, mais sans leurs présences il n’y aurait pas un certains nombres de protections pour nos concitoyens.

Pour ecouter en Direct http://tunein.com/radio/Loire-FM-1009-s6578/ ou sur la chaine Youtube du Stéphanois à la Casquette.

Partager cet article :

lestephanoisC Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *