Marie-Hélène RIAMON Conseillère régionale en campagne

C’est sur un site professionnel “linkedin” pour ne pas le nommer que j’ai contacté Marie-Hélène RIAMON, ancienne 1ère adjointe de la ville de Roanne et tête de liste aux élections régionales de décembre 2015. En effet, à partir du 1er janvier 2016, les Région Rhône-Alpes et Auvergne ne formeront qu’une seule et même région. Une future région de 70 000 km2 avec près de 8 millions d’habitant. Évoquant un cœur ou un papillon, cette nouvelle région, comprendra 12 départements, et pour notre département de la Loire ce sont 20 conseillers qui seront élus par les électeurs.

Conseillère régionale depuis 2010, Présidente de la commission Énergie Climat. Cette lyonnaise de naissance, mère de 4 enfants, ingénieure agronome et ingénieure territoriale, Vice-Présidente de Roannais Agglomération de 2008 à 2014. Passionnée et passionnante, sincère et motivée, elle à répondue à toutes mes nouvelles questions et je m’excuse par avance si j’ai du couper un peu, après ce long entretien j’ai découvert une vraie personnalité mais surtout compris un peu plus à quoi sert au quotidien cette assemblée régionale. Avant de la recevoir dans l’émission “Rendez vous avec Le Stéphanois à la Casquette” sur Loire FM, nous nous étions rencontrés une première fois. Extrait de notre rencontre du 10 juillet 2015.

Comment est né votre engagement politique ? Comme je le dit souvent, je suis un pur produit de la parité, s’il n’y avait pas eu l’obligation sur une liste d’avoir autant d’hommes que de femmes, nous ne serions certainement pas ici pour en parler ensemble. Je n’avais pas du tout choisie de faire de la politique, moi j’ai beaucoup milité dans des associations, beaucoup avec des parents d’élèves, en lien avec l’éducation, dans la musique et aussi dans les domaines des droits de l’homme. je suis du monde associatif, avec 4 enfants quand on travail à plein temps, il faut avoir une bonne organisation. A titre professionnel, je travaillais assez souvent avec M. Christian Avocat qui à ce moment là, était vice président en charge de l’économie à l’agglomération de Roanne, et j’avais aussi l’occasion de croiser M. Jean Auroux, Maire de Roanne, et je pense qu’ils appréciaient mon travail, qui consistait à faire venir des nouvelles entreprises à Roanne, et accompagner leurs implantations. Je travaillais également dans la promotion du territoire, expliquer à des entrepreneurs, pourquoi c’était intéressant de venir travailler à Roanne, je faisait du développement économique et marketing. Ils avaient du savoir que j’étais quelqu’un de gauche, quand j’ai été contactée, la première chose que je leurs aient dit, c’est parce que vous recherchez des femmes…

J’avais répondue que je n’avais pas le temps de m’engager en politique, car quand je m’engageais je voulais le faire comme il le faut, et avec une famille de 4 enfants cela me paraissait un gros engagement. Ils m’ont expliquée que je pourrai m’organiser, prendre un congés partiel dans mon travail ce qui est prévu par la loi, et je me suis laissée convaincre, parce que je trouvais que leurs actions m’impressionnaient beaucoup, c’était des gens qui réalisaient beaucoup de choses, des choses utiles pour la ville, une ville ou j’appréciais de vivre. Il y avait des choses très bien faites, pour l’école, pour le temps périscolaire, la cantine, l’embellissement de la ville, le cadre de vie. J’étais très intéressée de participer à cela. M. Jean Auroux m’avait dit très clairement, moi je ne veux pas que des retraités, je veux aussi des personnes actives, et des femmes qui soient en situations professionnelles. C’est comme cela qu’il a emporté ma conviction, que dans une société il faut s’appuyer sur des gens en activités.

Quand j’ai acceptée, je n’avais pas une complète représentation de ce que cela pouvait représenter, du travail que cela représentait. Par contre je savais bien fonctionner avec des élus, puisque dans mon travail au quotidien, je travaillais avec des élus de tous bords. Le monde des élus je le connaissait bien, à titre professionnel. Nous avons perdus en 2001 suite à la division, j’ai commencée par un mandat d’opposition, et j’ai trouvée cela très formateur, car cela permet d’apprendre aussi comment fonctionne la collectivité, et d’apprendre la travail politique, s’exprimer en connaissance de causes, savoir de quoi nous parlons. Convaincre et expliquer ses arguments, cela s’apprend, non pas a faire des grands gestes, mais le fonctionnement d’une commune, d’une intercommunalité, du département, de la région, pour peser sur le débat. Et moi j’ai gardée cette conviction que l’on ne parle bien que de ce que l’on connait bien. C’est ma façon de faire de la politique. En 2008, j’ai soutenue la candidature de Laure Déroche, et c’est ensemble que nous avons regagnés la Mairie.

Conseillère régionale depuis 2010, quel bilan dressez vous de ce 1er mandat ? moi j’adore être conseillère régionale, c’est un mandat que je voulais faire. Mes premiers contacts avec Jean Auroux et Christian Avocat remontent à 1998, ou ils m’avaient demandée de venir rencontrer le parti socialiste à Roanne, pour exposer comment faire venir des entreprises, favoriser l’implantation, et sensibiliser les membres du parti socialiste aux travail que je faisais. J’avais donc déjà rencontrée les militants, je n’avais pas pris de carte mais cela m’avait intéressée comme démarche, et déjà à ce moment là, le mandat qui m’intéressait le plus, celui ou je comprenais ce qu’il se passait, parce que je travaillais en lien avec cette institution, c’était le conseil régional.
J’étais donc très heureuse de devenir conseillère régionale en 2010, une institution que je connaissait bien puisque j’avais eu la chance de collaborer pour M.Jean-Louis Gagnaire pendant 6 ans à ses cotés. J’ai donc eu la aussi, un autre professeur, M. Gagnaire qui m’apprend comment cela marche, le moindre détail du fonctionnement de l’institution, j’étais donc un peu à laisse quand je suis devenue conseillère régionale.

Moi je suis affectée au nord du département, tout ce qui concerne la moitié nord du département de la Loire, et dans ce territoire la, j’assure tout ce qui peut concerner la région, de l’emploi, à la formation, le suivi de la circulation des trains, le développement des entreprises, les questions d’environnement, la protection des rivières, le sport, la culture, tous les sujets. Moi mon domaine c’était plutôt la question de l’énergie, de l’environnement et de l’industrie, et avec ce mandat régional, cela m’a obligée à bien comprendre toutes sortes d’autres éléments, et comprendre les enjeux. Et connaitre aussi les acteurs du territoire, j’ai donc continuer à travailler de la même manière, c’est à dire méthodiquement, en allant rencontrer chaque personne, je reçois bien sur des particuliers, pour trouver des solutions pour eux, dans le cadre du mandat régional, mais aussi au contact de toutes les institutions, et elles sont très nombreuses. Et de plus en plus nombreuses soutenues par la région Rhône-Alpes. Un mandat de conseillère régionale c’est avant tout 80 % de local, nous sommes des élus locaux. Mais pour que la politique régionale soit bien déclinée sur le territoire il faut aussi être au siège, et donc siéger à l’assemblée. J’ai pris des responsabilités dans des thèmes, je me suis beaucoup impliquée, au niveau de la région, dans le domaine de l’énergie climat ou j’ai prise la présidence de la commission, dans le domaine environnemental, toujours dans la question de l’industrie, et surtout beaucoup intéressé dans l’organisation et les finances. Quand on veut bien comprendre et connaitre les choses, il faut rentrer dans les aspects financiers, on nous confie l’argent public, et il faut donc bien comprendre ce que l’on va faire avec cela. Et qu’est ce que l’on peut faire de plus ou de mieux avec cet argent. Volontairement, car moi je suis biologiste de formation, je n’ai pas fait d’écoles de commerce, je choisie toujours le sujet des finances, en plus du reste, car c’est le cœur du réacteur. C’est la aussi ou je vais pouvoir faire des propositions, car il faut que tout cela soit vivant, nous ne sommes pas des numéros et pour voter, nous sommes une force de proposition, essayer de gagner en efficacité, aller vers certains types de sujets, répondre aux problèmes des gens de tels manière. Tout cela ne s’improvise pas, il y a une mécanique, il ne faut pas dire « yaka fokon« , il faut comprendre pourquoi et comment nous allons le faire. Et moi je suis partisante de ne pas promettre des choses que nous ne pourrions pas faire. Je suis peut-être trop sérieuse, mais je pense que l’on gagne en crédibilité, si on explique aux gens et aux citoyens. C’est comme à la maison, combien j’ai de recette et qu’est ce que je vais faire en dépenses ?

 

Moyenne

Vous allez conduire la liste Socialiste de la Loire à la région, ou est son vice-président, M. Jean-Louis Gagnaire ? A mon grand regret, Jean-Louis Gagnaire, c’est quelqu’un avec qui j’ai eu plaisir à travailler, avec qui j’ai gardée toujours de bonnes relations personnelles et politiques. Dans un moment de déception et de colère, a fait le choix de quitter notre liste et je pense qu’il a fait ce choix trop tôt, il estimait que la place qui avait été retenu pour lui par l’ensemble des collègues de la fédération, et je partage son point de vue, n’était pas la bonne place. Il a claqué la porte très tôt, peut-être avant que nous ayons pu engager une discussion collective, nous qui sommes proche de lui, avec nos collègues qui n’avaient peut-être pas le même point de vue. A l’intérieur d’une structure cela se discute, et je le regrette. Je pense qu’il ne s’est pas donné tout le temps et tous les moyens, mais je comprend, c’est humain. La liste aujourd’hui au sein de parti socialiste est arrêtée et validée par le conseil national, le président Queyranne a la possibilité de négocier avec nos partenaires politique, c’est dans les journaux, il a engagé une discussion avec nos partenaires communistes, moi je suis favorable a l’union avec l’ensemble des partis de gauche. Je pense que c’est quand on est unis que nous avons le plus de chance de gagner. Il est donc de la responsabilité du président Queyranne d’engager les discussions avec nos partenaires, les radicaux de gauche, les communistes. Les verts n’ont pas voulus discuter avec nous, moi je le regrette, parce que plus on est nombreux, plus on gagne.

Aujourd’hui les discussions sont toujours en cours, j’attends dans la Loire, posément, la liste des socialistes est ordonnée, je suis la tête de cette liste et j’attends que mon président est terminé ces discussions avec nos partenaires pour savoir la liste définitive pour le premier tour. Je suis convaincue qu’il faut être dans l’union, et respectueuse des règles et des personnes, et je place toujours plus haut l’intérêt collectif que mon intérêt personnel. En 2008 quand nous avons vus que Laure était sur une lancée politique, je me suis effacée, c’est pour cela que je comprend bien la situation politique de Jean-Louis Gagnaire.

M. Wauquiez a déjà gagné, comment comptez vous inverser cette affirmation ? Tout d’abord par principe une élection est jamais faite d’avance. On ne peut pas préjuger du vote des électeurs, c’est leur liberté, il faut la respecter. Il y a une campagne, et la campagne est faite pour convaincre, sinon à quoi cela servirait de faire campagne ? Autant avoir des robots et puis basta, c’est fini.
Moi j’aime beaucoup faire campagne, je trouve que c’est vraiment un moment extrêmement chaleureux, car les gens sont intéressés que nous allions au devant, les gens que l’on défendent leurs idées, ils aiment entendre les arguments, ils ne sont pas d’accord, on discute. Même ceux qui votent pour nous, souvent ne sont pas d’accord avec tout, et il faut entendre cela. Le moment de campagne, est un moment de rencontres, un moment d’échanges, un moment qui est très riche, très vitalisant, j’aime faire campagne et il faut faire cette campagne.

Nous avons un excellent bilan, toutes les régions de gauche d’ailleurs, nous avons augmentés le nombre de trains, nous avons baissés les tarifs du train, nous avons améliorés la vie quotidienne des gens, nous avons fait gratuit les livres dans les écoles, les équipements pour les apprentis, nous avons doublés le nombre de place, je considère que notre action, dont les élus de droite ont votés un certain nombre de propositions, et heureusement, elle a été bénéfique pour la vie quotidienne des Rhônalpins. C’est juste que les gens ne se souviennent plus comment cela était avant. Il faut rafraichir la mémoire des gens, et nous avons beaucoup d’arguments pour convaincre, nous avons encore des propositions pour la suite. L’union avec l’Auvergne, c’est très intéressant pour nous, dans la Loire, cela change complètement le point de vue, cela permet de se représenter le monde différemment. Avant nous étions excentrés, à l’ouest de Rhône-Alpes, et maintenant nous nous retrouvons au centre de la future région, c’est intéressant en termes de liens, de développement, de possibilités pour les jeunes étudiants. Cela donne des idées, des projets, et puis il y a les valeurs que nous défendons. Moi je ne peux pas accepter qu’un responsable politique de droite en l’occurrence, rejette les personnes qui tombent malade, en disant qu’ils n’ont pas a être indemnisés parce que c’est de leur faute. Je trouve cela choquant, enfin ce n’est pas possible, et je me dis si c’est ce gars là qui devient président, cela va être comment à la région ? de quoi on parle ? comment on fait en sorte pour que les familles le plus démunis puissent avoir aussi le service dont elles ont besoin ?

Du coup avec un candidat comme M. Wauquiez le débat est très intéressant, on voit bien que lui ne vas pas dans le comment je fais ? il ne défend que des choses dogmatiques, des idées toutes faites, des choses qui ne sont pas acceptables, même par des gens de droite.
Quand au front national, nous les connaissons très bien, à la région quand ils siègent, si leurs électeurs regardaient de très près, ce qu’ils disent, et ce qu’ils votent, ils votent systématiquement tout ce qui peut concerner la jeunesse. Comment un responsable politique peut-être contre la jeunesse ?
Pour moi ce sont des statures qui ne sont pas respectueuses de la société, je comprend qu’il y ai des électeurs qui en ont marre, parce que leurs vies est difficile, pour que les choses changent, parce qu’ils sont en colère, mais nous avons justement en région des arguments sur tout ce que nous avons fait, qui prouve à l’évidence que si nous ne l’avions pas fait, leur colère pourrait être encore plus grande. Donc il n’y a qu’a convaincre, et je pense que nous avons cette capacité, parce que nous avons énormément renouvelés nos candidats partout dans tous les départements de la future région, ils nous arrivent des personnes qui n’ont pas fait de politique, et qui nous apportent beaucoup plus de fond par rapport à la vie quotidienne de nos concitoyens. Ma conception de cette campagne, il faut être nous même, nous sommes fiers de ce que nous avons fait et fiers de ce que l’on est.

Si vous rencontriez pendant la campagne la candidate que vous êtes, quel question auriez vous envie de lui poser ? C’est pourquoi vous faites cela ? car il y a beaucoup de gens qui me demande cela, qui me disent tu as des diplômes, tu pourrais être cadre dans une entreprise, tu pourrais avoir une vie florissante et pourquoi tu fais cela ? Pourquoi tu t’es engagée la-dedans ? mes enfants me posent la question, ils réagissent par rapport à ce que je fais, et je le fais parce que je ne veux pas laisser des gens qui pratiquent l’exclusion prendre le pouvoir. Pour moi le pire dans une société c’est d’être mis de coté, pour moi ce qui compte c’est que tout le monde puisse réussir. Et j’ai cette conviction chevillée, quand j’étais dans l’associatif c’était pareil. Moi je suis quelqu’un, si je voit une personne dans un coin, c’est la première personne que je vais aller voir, même dans une fête. j’ai toujours été élevée comme cela, mes parents faisaient cela aussi, dans notre famille c’était toujours comme cela. On se préoccupais des autres. Et des fois à la maison, ils râlent, ils me disent, tu es beaucoup à l’extérieur, et nous ? Donc il faut équilibrer cela aussi.

Moi je veux que tout le monde réussisse, je veux que tout le monde trouve une place dans cette société et je pense que lorsque l’on gère une collectivité, nous avons un peu des moyens pour le faire. C’est mon moteur, essayer d’améliorer les choses au quotidien. Et je suis plutôt dans le quotidien, et quand on veut le faire, oui être élue politique c’est un job. Il faut le faire bien, il faut le faire dignement, le faire sérieusement, et moi je veux que cela soit bien fait. Ce n’est pas d’exercer le pouvoir mais de pouvoir faire quelque chose qui m’intéresse.

 Pour ecouter en Direct http://tunein.com/radio/Loire-FM-1009-s6578/ ou sur la chaine Youtube du Stéphanois à la Casquette.

 

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Auteur de l’article : lestephanoisC

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